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Quatrième de couv’ :

1938. Dans une Europe au bord de l’abîme, une organisation nazie, l’Ahnenerbe, pille des lieux sacrés à travers le monde. Ils cherchent à amasser des trésors aux pouvoirs obscurs destinés à établir le règne millénaire du Troisième Reich. Son maître, Himmler, envoie des SS fouiller un sanctuaire tibétain dans une vallée oubliée de l’Himalaya. Il se rend lui-même en Espagne, dans un monastère, pour chercher un tableau énigmatique. De quelle puissance ancienne les nazis croient-ils détenir la clé  ?

À Londres, Churchill découvre que la guerre contre l’Allemagne sera aussi la guerre spirituelle de la lumière contre l’occulte.

En quelques mots :

« Ce n’est pas un Marcas, mais c’est un Marcas … »

La petite phrase postée par Jacques Ravenne pour décrire ce nouveau roman a créé l’émoi auprès de la communauté marcasienne. Un Giacometti-Ravenne sans Antoine Marcas est-il possible ? On le sait très bien que depuis quelques années lorsque les auteurs font une présentation de leur nouveau roman, on ne leur demande plus quand sortira le prochain opus mais plutôt comment va Antoine. Telle la créature du docteur Frankenstein, le flic franc-maçon a pris le dessus.

La boucle est-elle bouclée ?

Treize ans après Le rituel de l’ombre, peut-on parler d’un retour au source ? La réponse est oui et non ! Je me doute que vous n’allez pas vous contenter de cette réponse, alors détaillons-la. Oui, on peut parler d’un retour au source car ils sont revenus avec une histoire autour de la Seconde guerre mondiale, un affrontement entre le bien et le mal, une quête pour découvrir de précieux artéfacts pouvant changer le cours de la guerre. Non et même si on retrouve le style et la structure de leurs romans, celui-ci est fondamentalement différent. Certes, on retrouve l’alternance des chapitres mais pas comme on l’entend. Fini l’alternance des époques. Nous voyageons entre les espaces. De l’Europe en guerre jusqu’au Tibet, de Londres à Berlin, de Montségur à Montserrat, en tant que lecteur vous allez voyager.

Coup de bluff !

Oui, c’est un énorme coup de bluff de la part d’Eric Giacometti et de Jacques Ravenne. Les auteurs se sont renouvelés. Ils ne font pas du Marcas, ils font du Giacometti-Ravenne et ça fait du bien ! Tous les romans sont agréables à lire mais avec celui-ci, j’ai pris une p… de claque. Je crois que c’est le premier roman de l’année où je prends un tel plaisir.

Si vous suivez les auteurs, vous avez déjà établi des concepts, vous visualisez Antoine Marcas, son environnement, ses proches et … Bref, vous êtes dans votre zone de confort. Ce roman va vous demander de faire un effort. Un effort d’imagination. Il vous faudra imaginer Tristan, Laure, Malorley, Weistort et tous les autres protagonistes. Il vous faudra imaginer l’ambiance, les décors, tous les évènements liés au conflit mondial.

Si vous êtes comme moi et que vous fonctionnez au flash, vous allez vous aider de quelques références. Au fil de la lecture, pour visualiser les personnages et personnellement, je me suis aidé des personnages de la trilogie Ars Magna et en particulier le colonel Kurten pour imaginer le colonel Karl Weistort. Pour vous mettre dans l’ambiance, vous allez revoir des scènes d’Indiana Jones et les aventuriers de l’Arche perdue et d’Indiana Jones et la dernière croisade. La quête de l’artéfact dans les profondeurs de Montségur va vous faire penser au premier Indy. Vous allez voir dans le personnage d’Erika von Essling, l’actrice Alison Doody alias le professeur Elsa Schneider dans la dernière croisade sans le côté garce de celle-ci. Vous allez également revoir des extraits de film comme Le jour le plus long, L’armée des ombres, La grande évasion, La chute, Inglorious bastards et … Bref, si je vous ai parlé d’un effort d’imagination, vous allez voir que ça va se faire sans réelle difficulté.

Nazisme, ésotérisme et quête de pouvoir

On sait que la quête de pouvoir par les nazis est un sujet qui revient régulièrement à travers différentes œuvres. L’admiration vouée par les hauts dignitaires nazis vont vous surprendre. Idéologie politique, mouvements religieux et parareligieux, fascination pour le mal et le paranormal, il ne faut pas s’étonner que les œuvres pullulent à ce sujet.

Avec Le triomphe des ténèbres, on (re)découvre tout cela et si on pose des questions sur les raisons qui ont conduit les Nazis à agir de cette façon, nous avons une vraie leçon d’histoire tout en mixant les éléments incontournables du polar ésotérique.

La petite histoire dans la grande

L’Histoire avec grand H, les romanciers, les cinéastes sont nombreux à vous conter ces faits étonnants et ce roman n’échappe à la règle. Si on rencontre Churchill ou Hitler, les protagonistes de ce roman sont uniques en leur genre. Faisons le point :

  • Erika von Essling : Aristocrate allemande, archéologue de génie, elle se retrouve embarquer dans la quête du précieux artéfact que les Nazis recherchent. Si elle ne se laisse pas démonter facilement et tient tête à Goering ou à Weistort, celle-ci se verra offrir par Heinrich Himmler, une proposition qu’elle ne pourra pas refuser.
  • Laure d’Estillac : Jeune femme, héritière des Cathares, celle-ci a un fort tempérament, ne se laisse pas déstabiliser facilement.
  • Karl Weistort : Colonel SS et chef de l’Ahnenerbe, obnubilé par la quête du pouvoir absolu, ce personnage est fascinant autant par sa cruauté que par son intelligence. Mis hors-jeu à la fin du roman, j’espère le retrouver dans Le règne des furies.
  • Malorley : chef du service propagande et  guerre psychologique du SOE (Special Operations Executive  en VF : Direction des opérations spéciales). L’organisme est chargée de certaines opérations clandestines. Malorley et son commando sont là pour empêcher les Nazis de trouver l’artéfact au cœur de Montségur.
  • Tristan : Trafiquant d’art, il se retrouve bien malgré lui à collaborer avec les Nazis. Le personnage est doué, intelligent, intrépide et n’est pas sans rappeler un certain commissaire franc-maçon … Ah la famille … (En même temps, on s’en doutait …)

Pour conclure :

J’ai beaucoup aimé ce roman et si vous vous demandez si nous sommes dans l’univers Marcas, je vais vous répondre un grand oui. Les auteurs ont bouleversé les codes mais ont gardé l’essence même du polar ésotérique à la française. La petite phrase : « Ce n’est pas un Marcas, mais c’est un Marcas … » prend tout son sens à la fin et là, on se rend compte qu’on a été manipulé par Eric Giacometti et Jacques Ravenne.

À la fin de ce premier roman, le score est de un partout. Nazis et Alliés se quittent dos-à-dos. Les deux partis y ont laissé des plumes. Il faut espérer que les agents du SOE ne laissent pas tomber leur agent. Maintenant, reste une question : Où nous mènera la quêtes des deux prochaines reliques ? Sur le front de l’est ? L’idée serait logique mais n’oublions pas que nous avons à faire à des maîtres de la manipulation !

Biblio :

GIACOMETTI, Eric. RAVENNE, Jacques. Le triomphe des ténèbres. Paris : editions JC Lattès, 2018. 475 p. (Le cycle du Soleil noir ; 1). ISBN 978-2-7096-5608-5