La balle sainte

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Quatrième de couv’ :

Quel est le lien entre ces événements étranges qui surviennent aux quatre coins du monde? Un triple meurtre est commis dans la gare d’Amsterdam-Centrale, un attentat dévaste une maison en plein cœur de Londres et un vieux musulman se vantant de dialoguer avec la vierge Marie est enlevé à Jérusalem… Ajoutez à ça des prêtres espagnols voleurs de cadavres et des évêques empoisonnés aux États-Unis, vous obtiendrez le cocktail sanglant que la journaliste Sarah Monteiro s’apprête à déguster.

Une fois de plus, elle va devoir employer toutes ses ressources pour démonter cette machination, et son enquête pourrait bien l’amener à élucider la mystérieuse tentative d’assassinat dont Jean-Paul II avait été la cible en 1981…

En quelques mots :

Avant la lecture, je me disais : « Chouette, enfin les vacances ! Je vais pouvoir diminuer ma pile à lire ». Je me voyais enchaîner les romans … Et finalement, plouf bardaf, c’est l’embardée, grosse flemme de ma part. C’est bien connu que lorsqu’on est en vacances, on ne fait jamais rien de ce qui est prévu et si vous êtes un fidèle du blog, vous avez peut-être remarqué que je n’avais publié article pour vous souhaiter de bonnes vacances. Grosse, grosse flemme !

La balle sainte, sorti au format poche chez Folio est la suite de la quadrilogie « Complots au Vatican » du regretté Luis Miguel Rocha. Tout d’abord publié au Portugal en 2007, il sera traduit et édité aux éditions de l’Aube en 2015.

Si vous avez lu le premier volet, vous serez très certainement ravi de retrouver les personnages et le style de l’auteur. La journaliste Sarah Monteiro est devenue une pointure du Times, le père Rafael Santini est resté agent des services secrets du Vatican et le mystérieux JC, vénérable maître de la loge P2. L’auteur reprend les codes de son premier succès. Une histoire qui nous plonge plus profondément dans les arcanes du Vatican et nous montre que le Saint-Siège n’est pas très « propre ». Dans la précédente enquête, Luis Miguel Rocha revenait sur le scandale de la P2 et offrait une nouvelle lecture des évènements.

Dans ce roman de plus de 600 pages, quatre histoires cohabitent et bien évidemment, elles finiront par se réunir pour former plus qu’une. Logique ! La première revient sur la tentative d’assassinat sur la personne du pape Jean-Paul II par Mehmet Ali Agca. On peut tout de suite imaginer différentes théories sur cette tentative loupée et l’auteur nous expose les faits comme s’il venait de nous déposer le dossier son enquête. Par la même occasion, on profite pour retaper sur la tête de l’archevêque américain, Paul Marcinkus. Le très conversé ecclésiastique nous a été présenté comme membre de la P2 et de l’Opus Dei. Un curriculum vitae particulièrement intéressant ! Et on profite également pour revenir sur les prophéties de Fatima et les apparitions mariales faites aux bergers en 1917.

P2, Opus Dei, CIA, KGB, Sainte-Alliance, … Ils y sont tous ! Les associations contre-nature, les manipulations, les jeux politiques et autres bondieuseries parcourent les pages. Sarah et Rafael ne seront pas épargnés par les évènements. Les ennemis sont partout et parfois plus proche que nous le pensons. Parfois, les retournements de situation sont prévisibles depuis quelques pages ou certains personnages sentent tellement mauvais qu’on se doute qu’ils vont trahir les héros avant la fin et là, on tombe dans le piège de l’auteur. On ne voit rien venir.

Ce second opus est un roman d’espionnage ésotérique. Un mix parfait entre un roman de Tom Clancy ou de Robert Ludlum et le thriller ésotérique de José Rodrigues dos Santos. L’auteur joue avec le nom de quelques personnages, un peu comme s’il les avait renommés pour cacher leur identité. Les amateurs du roman d’espionnage et les sériephiles auront le sourire aux lèvres en découvrant certains protagonistes. Le sous-directeur de la CIA, Harvey Littell, pastiche de l’auteur américain, Robert Littell. Celui-ci est connu pour son roman « La Compagnie : Le grand roman de la CIA » qui retrace l’histoire de la guerre froide à travers les destins croisés d’agents de la CIA et du KGB. Les personnages de Simon Templar et de James Phelps font références aux séries télévisées des années 60 et 70. Simon Templar, alias le « Saint » dans la série du même nom était interprété par feu Roger Moore. Le voleur détective était la création de Leslie Charteris. James « Jim » Phelps est un personnage issu de la série « Mission Impossible ». Les nostalgiques se souviendront que le personnage a été joué par Peter Graves. Jim Phelps dirigeait une unité d’espions d’élite.

Revenons à nos moutons. La troisième histoire met en scène le sulfureux et mystérieux JC. Le personnage que l’on nomme uniquement par ses initiales est le maître de la P2 mais aussi l’assassin de Jean-Paul I. Celui-ci a embarqué les parents de Sarah dans un voyage intriguant. Le personnage est moins actif mais il nous montre qu’il est toujours au courant de tout ce qui se passe. Il n’est plus l’homme de terrain du premier opus mais il agit comme une éminence grise, capable de renverser n’importe quel pouvoir.

La quatrième et dernière histoire nous met sur la piste d’un certain Abou Rashid. Un musulman vivant à Jérusalem  a des visions quotidiennes de la Vierge Marie. Discutant régulièrement avec elle, le malheureux sera kidnappé pour qu’on le fasse taire. Imaginez le scandale si on découvre qu’un musulman parle à la mère du Christ dans ses songes ! Cette partie de l’intrigue est capitale mais peut-être qu’il manque un petit quelque chose. Une rencontre avec les « vilains » de l’histoire

Quatre histoires et une seule et même destinée ! Et après, on viendra dire qu’il est de plus en plus difficile de renouveler le genre du thriller ésotérique. Trouver le mystère qui risque de changer la face du monde devient de plus en plus compliquer. L’auteur écrit avec un style nerveux et aime nous accompagner dans sur certaines scènes. Analysons, regardons, suivons, … Luis Miguel Rocha aime nous introduire dans son histoire. On remarque que le personnage de Sarah Monteiro nous sert d’avatar pour plonger au cœur de l’histoire. Si on est plus dans le détachement avec les personnages, on dira tout simplement que l’héroïne est spectatrice des évènements. Personnellement, je ne serais pas surpris de voir celle-ci avoir un rôle secondaire voire même disparaitre de l’intrigue laisser sa place à Rafael Santini et à JC comme principaux protagonistes.

En mélangeant les différents éléments de son histoire, on se pose quelques questions. Qui tire les ficelles de cette manipulation ? Quels sont les véritables objectifs de la CIA et des autres services secrets ? Ali Agca, pantin ou fanatique religieux ? Quels sont les rôles de l’Opus Dei et de la P2 dans cette histoire ? L’imaginaire n’a peut-être jamais été aussi proche de la réalité ! Si c’est l’effet escompté, on peut dire que c’est réussi.

Finalement, on peut dire que c’est un véritable succès. Un mélange audacieux d’éléments historiques, une enquête époustouflante bouleversant les codes du thriller ésotérique. Le découpage est parfait et chaque chapitre ressemble à une passe d’arme entre les différents partis.

Biblio :

ROCHA, Luis Miguel. La balle sainte. Paris : Folio, 2017. 640 p. (Folio Policier ; 883. Complots au Vatican ; 2) ISBN 978-2-0704-6867-6