L’oeuvre de Dieu

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Quatrième de couv’ :

Dans la Deûle est repêché le cadavre d’un jeune garçon. Le lieutenant de police Lénaïc Leguilvinec et son coéquipier Mathias Kowalewski font le rapprochement avec une autre affaire : un homme décédé dans un accident de voiture. Point commun entre les deux morts ? Leurs dos, marqués au fer rouge, et leur appartenance au Foyer de la vie éternelle. Selon la légiste, il y a meurtre. En enquêtant sur ce foyer, Kowalewski découvre qu’il appartient à l’Académie chrétienne de Lille, une institution des plus obscures. Quand, trois mois plus tard, le docteur Jules Ficheux est assassiné, les policiers sont convaincus que son meurtre est lié aux deux premiers. Pour en avoir le cœur net, Lénaïc et Mathias poussent les portes de l’Académie. En espérant qu’elles ne se referment pas sur eux.

En quelques mots :

Voici l’une de mes découvertes lors du dernier Salon du livre et de la culture maçonnique de Lille-Ronchin. Le premier polar maçonnique d’une trilogie signé par l’auteur Ken Keiradian.

Ken Keiradian est le pseudonyme qu’emprunte une femme médecin établie dans la région de Lille depuis une dizaine d’années. La maison d’édition nous présente l’auteur au masculin et nous dit qu’il est un « in observateur de l’être humain, il signe avec « L’œuvre de Dieu » un polar qui interroge les actes les plus abjects comme les plus merveilleux ».

Qui dit polar maçonnique, dit nouvel héros errant de près ou de loin dans la sphère de la franc-maçonnerie. Pour une fois, le héros n’est pas ce qu’on pense. Ce n’est pas lui, c’est elle et elle s’appelle Lénaïc Leguilvinec. Une grande rousse athlétique, lieutenant de police. D’après la description, faite par l’auteur, j’ai tout de suite vu l’actrice Audrey Fleurot. Lénaïc collabore avec un jeune policier, Mathias Kowaleski. Les deux policiers sont sous les ordres du commissaire Antoine Bouly.

Lénaïc et Mathias se voient confiés une affaire de deux cadavres de jeunes hommes ayant une marque au fer rouge. Dans un même temps, Luc Lecomte, colonel dans l’armée et agent du renseignement est envoyé en mission pour espionner l’Opus Dei et ses agissements. Quels rapports existent entre ces cadavres et l’Oeuvre ? Qui se cache dans l’ombre ? À ces questions, voici un début de réponse : Une branche dissidente de l’Opus Dei, nommé « Les Enfants du Dragon » souhaite créer une armée pour commettre des attentats contre les francs-maçons, les musulmans et autres.

Dans la description de Ravet-Anceau, l’éditeur présente l’auteur comme étant un observateur de notre société et en effet, ce roman aborde d’autres sujets comme l’homosexualité. D’ailleurs, cette thématique agit un peu comme un fil rouge.

Je voudrais revenir quelques instants sur le personnage de Lénaïc. La jeune femme est talentueuse mais l’héroïne n’est pas maçonne. C’est un peu fort pour un polar maçonnique. Lénaïc n’est pas maçonne … où du moins dès le départ. C’est son supérieur, le commissaire Bouly, Frère de son état qui propose de l’initier. L’idée semble tout bonnement géniale. Suivre à la fois une enquête policière et l’initiation de l’enquêteur. Seulement ça ne se passe pas comme ça. À un moment donné, on parle d’elle comme candidate idéale et dans le dernier tiers, elle est initiée. Point à la ligne. J’aimerais bien retrouver les détails de son initiation dans le prochain roman.

La force et la faiblesse de ce roman, c’est la gestion de l’espace-temps. Primo, l’avantage. L’enquête se déroule sur deux ans. À l’inverse des polars « classiques » où l’action se déroule en quelques jours voire en quelques semaines. Ici, l’enquête s’espace sur du long terme et jusqu’à un certain point, les chapitres semblent être des capsules temporelles. Secundo, l’inconvénient. Dès le départ du roman, on part à la rencontre des personnages. On avance et on recule dans le temps. Il faut comprendre qu’on installe les bases, le tempérament des protagonistes, etc. Le fait que ça s’étend sur presque un tiers, ça peut être déconcertant surtout que le roman fait moins de 200 pages et on se demande à partir de quand on va reprendre le cours de l’histoire.

En conclusion, on a un bon petit roman qui se lit plutôt facilement. Il a ses forces et ses faiblesses. Ken Keiradian m’avait confié que chaque roman de sa trilogie pouvait se lire séparément mais je pense qu’on va retrouver des liens entre eux. De plus, il serait inconcevable si on ne retrouve pas de connexions et la fin de L’oeuvre de Dieu est tellement ouverte qu’on ne peut pas faire sans les Enfants du Dragon face à Lénaïc, femme flic, franc-maçonne et fière de l’être.

Biblio :

KEIRADIAN, Ken. L’oeuvre de Dieu. Villeneuve-d’Asq : Ravet-Anceau, 2017. 187 p. (Polars en Nord ; 226). ISBN 978-2-35973-595-6

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