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Marcas - fds t1Description :

Paris, 1355. Un sorcier juif est brûlé vif en place publique. Nicolas Flamel assiste à l’exécution avant d’être mandé par l’Inquisition pour consigner les aveux de la fille du criminel, soumise à la question.

Paris, 2007. Deux crimes sont perpétrés au cours d’une cérémonie d’initiation maçonnique. Pour le commissaire Antoine Marcas, aucun doute, l’assassin est un franc-maçon. 

Avis :

Après 2 longues années d’absence, le troisième tome de la série « Marcas Maître franc-maçon » est arrivé dans toutes les bonnes librairies et à défaut d’avoir le dernier roman pour combler ce début d’été, on se contentera de ce premier tome de la trilogie du Frère de sang.

Alors qu’est-ce qui change avec ce nouvel opus ? Tout ou presque tout … Au scénario, nous retrouvons bien évidemment le duo formé par Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Au dessin, c’est le trio Eric Albert (dessin), Etienne Le Roux (couverture) et Catherine Moreau (couleurs) qui ont pris le relais de Gabriele Parma. Autant de petites mains nécessaires pour réussir ce premier tome de ce second volet des aventures du commissaire franc-maçon.

Alors que dire du travail accompli ? Fallait-il réellement deux ans de préparation ? L’aventure est-elle semblable au roman ? Qu’en est-il de l’intrigue qui a été laissée en suspend dans les deux précédents titres ? Tentons de répondre à tout ça !

Tout d’abord et une fois n’est pas coutume, attardons-nous sur la couverture et sur la présentation générale de l’album. Sobriété, élégance et mystère, voici les maîtres mots qui me viennent à l’esprit à la vue de cette couverture. On observera une nouvelle présentation de la police d’écriture pour la série et le titre. Le style est beaucoup plus proche du roman sorti à l’été 2007.

Au premier plan, on découvre le « frère de sang » avec ses attributs de franc-maçon et tenant une épée. L’épée de La Fayette, pas impossible ? Son visage caché augmente le mystère. Le damier au sol rappelle largement le début du roman et le meurtre qui a lieu dans la loge « Le Triangle d’Orient » où siège Antoine Marcas.

En arrière plan et disons-le, ce qui sublime la couverture et l’illumine, c’est le Paris moyenâgeux avec le bûcher où on retrouve Isaac Benserade, brûlé vif. Au pied, du brasier, on retrouve de dos, le Tourmenteur qui va perturber la vie de Nicolas Flamel.

Maintenant, venons-en à la préparation qui a été longue et le succès mitigé des deux premiers volumes (Le rituel de l’ombre tome 1 et tome 2) pouvait laisser un arrière goût à l’éditeur et aux lecteurs. Je ne serais pas surpris que la maison Delcourt ait hésité à publier la suite. Pour laver l’affront du demi-échec, le dessin a été confié à Eric Albert. Le dessinateur signe ici un retour plutôt audacieux après le tome 3 de L’Ordre du Chaos et Corpus Christi.

La mise en couleurs est tout à fait superbe. Les tons pastels sont à la fois doux et chaleureux et d’autres sont noirs et durs. Un joli travail de Catherine Moreau. Le passage des époques est très sympathique. La période contemporaine nous offre une planche sur fond blanc, tandis que l’époque moyenâgeuse offre un fond de style parchemin.

Après deux ans d’absence, que dire du nouveau visage d’Antoine Marcas ? Allons droit au but, il est totalement différent ! Cheveux en pétard mais soigné et barbe de 3 jours. Le Marcas « nouveau » ne semble plus avoir ce côté juvénile, mais celui d’un homme de son époque. Un quadragénaire vif avec de la ressource qui correspond bien à l’idée qu’on peut se faire du personnage.

Du point de vue du récit, on retrouve la recette magique qui fait le succès des romans, la division entre les époques. D’ailleurs, on plonge directement dans les deux intrigues et j’avoue parfois être décontenancé lorsque je passe d’une époque à une autre. Dans les romans, ce sentiment est moins perceptible, car l’imagination travaille et nous nous faisons notre propre film. Et si cette BD est parfaitement divisé entre les deux époques, celle de Nicolas Flamel semble dominer par son intrigue. L’époque contemporaine est bien amenée, les meurtres du profane et du frère sont présents. On saute peu de détails mais le démarrage semble lent.

L’action prend de la vitesse à partir du moment où Marcas poursuit le Frère de sang et lorsqu’il l’enferme dans le collecteur des égouts. L’aventure d’Antoine s’arrête au moment où on le retrouve à l’hôpital en compagnie de son ex-femme. L’album se termine avec la rencontre avec Jack Winthrop, l’assassin professionnel du mystérieux groupe Aurora qui reçoit sa nouvelle mission … Éliminer Antoine Marcas !

Dès le début de l’album, on retrouve l’intrigue qui était restait en suspend à la fin du Rituel de l’ombre. L’anneau que le père d’Antoine possédait et que ce dernier avait offert à son ex-femme. Cette histoire d’anneaux ouvrira-t-elle les portes de l’histoire originale que Eric Giacometti avait annoncé lors de Masonica 2015 ? Ou alors cet événement fera le cross-over entre les romans et la BD ? Mystère et boule de gomme …

En matière de références, on peut voir des clins d’œil fait au grand temple Henri La Fontaine du Grand Orient de Belgique qui sert de décor lors de la course poursuite entre Marcas et l’assassin. On note aussi la présence du Professeur Turbet, éditeur du blog jlturbet.net.

Au final, ce nouveau tome est d’une bonne facture et offre un bon moment de lecture mais le seul véritable inconvénient, c’est le fait d’arriver à la fin et de ne pas avoir la suite sous la main. Reste à attendre la fin de l’année.

Biblio :

GIACOMETTI, Eric. RAVENNE, Jacques. ALBERT, Eric. Le Frère de sang. Paris : Delcourt, 2015. 48 p. (Machination ; Marcas Maître franc-maçon, 1). ISBN 978-2-7560-2143-0

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