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Quatrième de couv’ :

Montréal, 1893. Joseph Laflamme, présent près des lieux d’un meurtre, est arrêté et accusé d’avoir sauvagement massacré la victime. Il a beau clamer qu’il s’agit d’un coup monté, les circonstances l’accablent. Sa seule planche de salut réside dans l’enquête qui mène l’inspecteur Marcel Arcand vers une sinistre société secrète. Tout en essayant de soutenir sa femme, aux prises avec une profonde mélancolie, et malgré son impression que tout s’effondre autour de lui, Arcand est confronté à un cruel dilemme : céder au chantage ou laisser Laflamme être incriminé injustement.

En quelques mots :

Dernier volet de la saga Joseph Laflamme ou devrait-on dire premier volet la saga Marcel Arcand ? La bonne question que voilà. Ce dernier opus est le moyen trouvé par Hervé Gagnon pour boucler la boucle. Sacrement !

Ce cinquième volet est le seul qui ne met pas en scène une « personnalité historique ». Après avoir croisé le chemin de Jack l’éventreur, de Jesse James, de Maria Monk et s’inscrivant comme étant la suite de Benjamin, on pouvait s’attendre à ce que les « grands méchants » soient les Illuminati et dès la première page, j’ai été happé par quelques éléments que j’ai retrouvé dans un autre roman lu, il y a quelques semaines. Quinze membres, le nombre 322, un crâne et des os, il n’en fallait pas de plus pour faire le rapprochement avec la société secrète des Skull and Bones. Si vous avez lu le dernier Giacometti-Ravenne, Conspiration, le commissaire franc-maçon a fait face à cette société secrète.

L’été 1893 sera le plus chaud pour Laflamme et consorts. Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le journaliste de La Patrie est envoyé en prison par son ami, l’inspecteur Marcel Arcand. Souhaitant innocenter son ami le plus rapidement possible, l’inspecteur du Département de police de Montréal vivra la pire semaine de sa vie. Un ami en prison, une épouse dépressive, une série de meurtres, Illuminati, Skull and Bones, complot, … La liste est encore longue et pour le pauvre Arcand, son paternel d’auteur a décidé de le malmener.

On a dû mal d’imaginer Joseph Laflamme comme étant un assassin. Lui, un tueur de prêtre, ce n’est pas crédible. Le journaliste ne supporte pas une goutte de sang et il ferait subir le pire traitement à un ecclésiastique ? Non ! C’est un coup monté. Le noeud mettra plu de 300 pages à se dénouer et on se demande ce qu’il se passe dans la tête d’Hervé Gagnon pour s’y retrouver.

Avec ce dernier opus de la saga, on découvre l’autre côté d’une enquête. On savait que Marcel Arcand est un flic honnête, droit et exemplaire mais il a encore du mal à digérer la disparition du constable Alfred Tremblay. On découvre également un mari et un père. Un homme ordinaire qui est dépassé par les évènements. Il ne remarque pas de suite la profonde dépression de sa femme. En fait, ce dernier opus joue beaucoup sur les émotions humaines.

Le roman est le moins historique mais plus psychologique. On peut facilement transposer les évènements à l’heure actuelle. Le complot ésotérique, le complot politique, les nombreux meurtres et tentatives de quoi vous tenir en haleine.

Au final que retenir de cette saga ?

  • La saga Joseph Laflamme a été une exploration dans le monde des sociétés secrètes et des travers qui existent. Les cinq romans sont aussi une façon d’explorer les méandres de la psychologie humaine. Hervé Gagnon aime jouer avec les émotions et les sentiments. La noirceur de l’âme humaine est explorée de plusieurs manières
  • Prendre la direction du Québec du 19ème siècle est une leçon d’histoire qui vaut le détour. Nos cousins de ce côté de l’océan ont une histoire impressionnante avec de nombreux acteurs qui ont joué un rôle important dans l’histoire du monde.
  • Hervé Gagnon parle souvent de son plaisir d’écriture. Ici, on peut parler d’un plaisir de lecture garantie.
  • Un tout grand merci à Hervé Gagnon et son éditeur, Libre Expression pour leur confiance. Faire découvrir cette saga en Europe devrait permettre à certains lecteurs d’acquérir les romans et peut-être que si un éditeur lit cette chronique, aura-t-il envie d’acheter les droits pour une diffusion en France et en Belgique ? On ne sait jamais !
  • Le problème ! L’import de la saga en Europe est un gros problème. La raison à ce problème réside dans le fait que les éditeurs de ce côté de l’Atlantique vont dire que le français québecois est différent du français classique et qu’il faut adapter le contenu au lectorat. Je suis d’un avis inverse. Le français québecois rajoute une plus-value aux histoires.

Laflamme Arcand 2

Biblio :

GAGNON Hervé. Joseph : Une enquête de Marcel Arcand. Montréal : Libre Expression, 2016. 353 p. (Expression noire). ISBN 978-2-7648-1171-9

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