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Description de l’ouvrage :

Quand on a le pouvoir de créer, on a celui de détruire…

À l’entrée du ghetto de Prague se dresse une statue que ni les Nazis ni les Soviétiques n’ont osé détruire : celle du MaHaRal, le plus grand kabbaliste de tous les temps qui créa le Golem, un être de boue à l’image de l’homme, pour sauver les Juifs de l’anéantissement. Découvrez sa légende…

En quelques mots :

Nous le savons tous que l’adaptation d’un roman en bande dessinée est un exercice de style particulièrement complexe. Les découpes sont obligatoires pour pouvoir contenir l’histoire en deux fois cinquante-six pages. Il faut à la fois mêler religion, mythe, histoire, ésotérisme et romance.

À la fin du tome précédent, Eva quittait son futur mari pour partir avec l’un des invités de la noce, un riche marchand juif. Un an plus tard, la malheureuse est habitée par le Dibbouk, un démon qui a pris possession de son corps et qui hante ses nuits.

Grâce à David Gans, le jeune rabbi qui se refuse d’aimer la jeune Eva, celle-ci et son mari reviennent à Prague. Le retour n’est pas aussi facile que l’on pourrait croire. La communauté catholique est hostile face à la communauté juive. Les massacres font partis du quotidien. Les esprits du ghetto de Prague s’échauffent et on demande au Maharal de créer le golem pour les défendre des pogroms. Si le Maharal est contre la création de la créature d’argile, il sera vite contraint par sa petite-fille, Eva à créer et à donner vie à cette créature.

Le golem massacre les catholiques, les luthériens et autres personnes qui veulent s’en prendre à la communauté juive. La créature répond aux attentes de la communauté juive mais peut-être pas à celle de son créateur, le Maharal. Le seul regret qu’on puisse avoir, c’est de ne pas voir comment on stoppe cette créature.

L’adaptation du roman en BD est une découverte de la communauté juive et des différents mythes de l’Europe de l’ouest. Certes, il y a celle du golem mais également celle du Juif errant. L’époque nous rappelle que nous sommes plongés dans les guerres de religions. Il aurait été bien d’avoir quelques scènes entre David Gans et Tyco Brahé, pour imposer la raison scientifique mais cela se limité à une seule case.

Dans le tome précédent, je trouvais que la mise en place de l’histoire prenait du temps à se mettre en place, mais on pouvait se dire qu’on immerge le lecteur dans le Prague de la fin du 16ème siècle. Dans ce tome, je sens que les auteurs sont pris par le timing. Les découpes scénaristiques sont plus nettes et c’est à vous en tant que lecteur de faire les raccords. L’histoire reste cohérente, la mécanique est bien huilée mais c’est au lecteur de faire l’effort.

Le dessin de Luca Raimondi est travail d’une très bonne facture. Le coup de crayon réaliste accentue l’immersion. Les personnages sont très expressifs. Leurs regards sont parfois perturbants car ils semblent sortir de la cas. La balade dans les rues de Prague sont d’un réalisme saisissant. Il n’y a pas à se plaindre et les amateurs chevronnés ne seront pas déçus. La très belle mise en couleurs est signée Antoine Quaresma. Il n’hésite à jouer avec de très belles couleurs chaudes mais aussi avec des couleurs plus froides pour rendre le tout dynamique.

En conclusion, Le Kabbaliste de Prague est un diptyque didactique qui nous plonge dans la communauté juive de l’Europe de l’ouest et dans sa mythologie.

Biblio :

HALTER, Marek. MAKYO, Pierre. RAIMONDO, Luca. QUARESMA, Antoine. Le Kabbaliste de Prague. Paris : Glénat, 2017. 56 p. (Le Kabbaliste de Prague ; 2). ISBN 978-2-3440-01248-2

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