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Quatrième de couv’ :

Montréal, mai 1893. Le cadavre d’un homme est découvert à l’étage du château de Ramezay. Dans les jours qui suivent, d’autres assassinats surviennent. Joseph Laflamme, maintenant journaliste à La Patrie, mène son enquête en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand et de George McCreary. Peu à peu, il appert que tous les meurtres sont liés à un document ancien qui, s’il était révélé au grand jour, transformerait l’histoire de l’Amérique du Nord tout entière. Au rythme des morts qui s’accumulent, Laflamme se trouve pris au centre d’une rivalité entre les gouvernements américain et canadien, mais devient aussi la cible d’une société secrète extrêmement dangereuse.

Avis :

Sacrement, vous allez très certainement vous dire que le Thomas, il a fondu son plomb, tabernacle ! Et vous n’en êtes pas loin ! Quatrième et dernière enquête de l’intrépide journaliste, Joseph Laflamme. Une enquête au cœur de la franc-maçonnerie québecoise mais une enquête capable de changer la face du monde et de bouleverser l’histoire de l’Amérique du Nord.

Tout comme pour Maria, la précédente enquête, je vais vous présenter quelques éléments importants du roman sans vous dévoiler les faits et qui prouvent encore une fois que l’auteur, Hervé Gagnon n’est pas qu’un simple conteur mais un véritable historien.

Le château de Ramezay

Le château de Ramezay tire son nom du gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay. Construit en 1705, puis vendu à la Compagnie des Indes. Le château fut reconstruit sur ses fondations et agrandi en 1756. Restant la résidence des gouverneurs, il devient tour à tour un quartier général militaire, puis palais de justice et devient finalement musée en 1895. Il est plus vieux musée d’histoire du Québec. Ah oui, en prenant mes renseignements sur le château, j’ai appris que celui-ci était hanté.

Fleury Mesplet

Fleury Mesplet est un imprimeur québecois d’origine française, né à Marseille, le 10 janvier 1734, il décède à Montréal le 24 janvier 1794. Connu pour avoir fondé en 1778, le premier journal de Montréal et exclusivement en langue française, nommé « La Gazette du commerce et littéraire » qui deviendra plus tard la « La Gazette littéraire ».  Il a également été fait prisonnier politique sous le régime du gouverneur Frederick Haldimand durant la Guerre d’indépendance américaine. Selon l’historien Jacques G. Ruelland et l’auteur J.Z. Léon Patenaude, Fleury Mesplet aurait fondé une loge maçonnique en 1785 et aurait entretenu des liens avec le Grand Orient de France.

Benjamin Franklin

Difficile d’évoquer Benjamin Franklin en quelques mots, mais voici ce qu’il faut retenir de cet homme de génie. Né le 17 janvier 1706 à Boston, il est le fils d’un marchand de suif et est ce qu’on peut appeler un exemple de la réussite sociale. Touche-à-tout, imprimeur, écrivain, éditeur, inventeur, naturaliste et homme politique. Il l’est des « Pères fondateurs » des États-Unis et participe à la rédaction de la déclaration d’indépendance. Pendant la révolution américaine, il négocie en France le traité d’alliance avec les Français mais aussi le traité de Paris. Benjamin Franklin participe également à l’élaboration de la Constitution des États-Unis. Il décède à l’âge de 84 ans, le 17 avril 1790.

La franc-maçonnerie au Québec … Un petit mot

Les « Frères du Canada », Les « Cœurs unis », Les « Frères chasseurs », Papineau » comptent parmi les loges les plus anciennes du Québec, mais en parallèle à cette franc-maçonnerie traditionnelle, il existe depuis les années 70, une vingtaine de de loges appartenant à des à différentes obédiences (ex. libérales, mixtes, féminines).

***

Venons-en à cette enquête ! Le roman est tout d’abord une véritable leçon d’histoire sur le Canada et les États-Unis. Notons que ce volume est le plus « intime » car il nous montre une facette inédite de la Belle Province. Et la première question que je me pose, c’est : « Est-ce l’écrivain ou l’historien qui conte cette histoire ? » L’histoire débute lors du siège de Montréal par les révolutionnaires américains. Un point de départ percutant.

Joseph Laflamme n’est plus journaliste Canadien. Obligé de couvrir les évènements mineur pour le journal La Minerve, Laflamme n’est pas en adéquation avec la ligne éditoriale de son employeur, jusqu’au moment où il claque la porte. Il faudra attendre peu de temps pour qu’un évènement perturbe le journaliste. Un meurtre au château de Ramezay a été commis. Un tueur fou rôde dans les environs de la demeure. Que cherche-t-il réellement ?

Il n’en faut pas plus pour attiser la curiosité du journaliste au chômage. L’enquête est confiée à l’inspecteur Marcel Arcand du Département de police. Laflamme, Arcand, il ne manque plus que l’ex du Yard pour compléter le trio de choc. George McCreary s’ennuie dans son affaire d’import-export et faire la cour à Emma Laflamme tient parfois du sport extrême.

Mais que s’est-il passé sur la scène du crime ? Une victime baignant dans le sang avec un delta lumineux sur le crâne, un mystérieux code laissé par le mort. Voilà les bases pour écrire un premier article percutant. Oui, mais écrire pour qui ? La réponse viendra de Marcel Arcand qui jouant de ses relations offre à Laflamme de s’exprimer dans le journal « La Patrie » dirigé par Honoré Beaugrand. Une « promotion » exceptionnelle.

La course pour résoudre le mystère est lancée et elle se fait au rythme des cadavres. Les frères de la Grande Loge du Québec donnent un coup de main  pour le décryptage du document. Celui-ci trouve ses origines à la déclaration d’indépendance des États-Unis et que tout tourne autour de Benjamin Franklin lors de son passage à Montréal.

Pendant ce temps-là, il semblerait que des agents fédéraux appartenant aux deux pays suivent à distance nos héros et sont prêts à mettre des bâtons dans les roues pour empêcher Laflamme et ses amis de révéler cette histoire.

Lorsque l’affaire s’emballe et que le dénouement est proche, Hervé Gagnon assomme son lecteur en nous sort de son chapeau magique les Illuminati. Et là, on se demande qu’est-ce qu’il se passe ? Et pourtant, c’est tout à fait logique, les faits et les évènements ont été suffisamment bien agencés pour que tout soit logique. Alors oui, on peut râler un petit peu et l’auteur évite de tomber dans le piège de tout mettre sur le dos de cette société secrète. N’oublions pas que la grande force de Hervé Gagnon, c’est de pouvoir prendre des faits réels, de les mettre à sa sauce et de sublimer le tout en nous emmenant là où il veut.

Une petite note sur Les personnages …

Joseph Laflamme, Marcel Arcand et George McCreary : Pour les hommes du roman, je vais les mettre sur le même pied d’égalité. Je ne vais pas m’amuser à dire ce que j’ai aimé ou pas chez chacun. Si Joseph reste le héros, les trois hommes sont complémentaires. Les coups durs des précédentes aventures ont permis de renforcer leur relation fraternelle.

Emma Laflamme et Mary O’Gara : Pour la précédente aventure, je trouvais que les personnages féminins apportaient une sérieuse plus value. Dans cette quatrième enquête, ces dames sont restées à la chaumière. Emma Laflamme attend que son fiancé anglais se décide de lui passer la bague au doigt, surtout que la petite irlandaise a dit oui à son journaliste. Les relations entre les couples George/Emma et Joseph/Mary font que l’ambiance se détend un peu et ça fait du bien.

Alfred Tremblay : En le qualifiant comme joker de luxe dans Maria, je m’attendais à un rôle plus décisif. Celui-ci a son moment héroïque et je ne m’attendais pas à une fin tragique pour le jeune policier du Département de police. J’avoue que ça m’a fait un petit quelque chose.

En conclusion :

Quatrième et dernière aventure de Joseph Laflamme. Prochain roman de l’auteur québecois, « Joseph, une enquête de Marcel Arcand ». Une façon de boucler la boucle car il faut dire que l’auteur a enchaîné les romans a un rythme endiablé. Peut-on considéré ça comme une pause avant de revoir nos amis ? Peut-être ou peut-être pas. Reste à savoir ce qu’il se passe dans la tête de Hervé Gagnon.

Avec Benjamin, nous sommes dans la quête, dans la résolution d’un mystère ésotérique mais avec une consonance politique majeure qui peut changer le monde. Hervé Gagnon a réussi à se réinventer tout en gardant une recette simple et efficace. Il faut noter également que ce roman est le moins noir de la série. Les meurtres sont horribles. La mort d’un enfant qui était témoin peut vous surprendre mais par rapport à ce qu’on a connu, ça passe presque pour une chose normale.

Je vous donne rendez-vous dans quelques temps pour l’enquête de Marcel Arcand, le flic franc-maçon de Montréal et fier de l’être !

Biblio :

GAGNON Hervé. Benjamin. Montréal : Libre Expression, 2016. 376 p. (Expression noire ; Une enquête de Joseph Laflamme, 4). ISBN 978-2-7648-1108-5

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