La preuve ultime

Quatrième de couv’ :

Le journaliste d’investigation Ross Hunter a failli ne pas répondre à l’appel qui allait changer sa vie, et l’avenir de l’humanité pour toujours. Au bout du fil, un certain Harry F. Cook lui annonce qu’il a découvert la preuve irréfutable de l’existence de Dieu. Cependant, pour la révéler publiquement, il a besoin de la caution de Ross afin de ne pas être décrédibilisé. Malgré ses doutes le journaliste accepte la mission, mais découvre peu après le corps sans vie du chercheur, assassiné dans son appartement, ainsi que trois mystérieuses coordonnées géographiques. Décidé à honorer la dernière volonté de Cook, Ross se lance alors dans la quête de cette preuve ultime, au risque d’être éliminé avant d’y accéder.

Car menacer les grandes religions n’est pas sans danger…

En quelques mots :

Sorti au mois de février, ce roman de Peter James m’avait fait de l’œil. Je l’avais déjà pris en main, soupesé, lu la quatrième de couverture et feuilleter quelques pages pour me faire une idée. Il faut dire que la première de couverture est plutôt jolie avec le dôme de la Basilique Saint-Pierre de Rome, les nuages menaçants et des nuances de sépia et de rouge. Une couverture qui m’a beaucoup fait penser à la version poche du roman de Luis Miguel Rocha, « La balle sainte ». On ajoute à ça une quatrième de couverture plutôt prometteuse. Un journaliste mettant la main sur un manuscrit prouvant l’existence de Dieu. Une quête périlleuse tenant en 500 et quelques pages.

Donc si on fait le point rapidement, nous avons une première de couverture parfaitement exécutée, une quatrième très prometteuse qui ne se mouille pas et si on sait qu’il faut regarder plus loin que la couverture, j’ai dans un premier temps, boudé ce roman. Je lui ai trouvé un côté très propre et surtout cet aspect de déjà-vu, car des romans ésotériques prouvant l’existence de Dieu, il y en a une pléthore. Vous en trouverez déjà un bon nombre ici.

Alors pourquoi je vous en parle ? Tout simplement, parce que j’ai aimé et que le (dé)confinement m’a permis de pencher dessus avec beaucoup de plaisir. Je ne connaissais pas Peter James, hormis vous dire qu’il est un auteur à succès dans les librairies et dans les bibliothèques. L’auteur britannique a une trentaine d’ouvrages à son actif. Il semble jongler entre le roman policier, le fantastique, l’horrifique et même l’écriture de scénario. Autre fait intéressant, Roy Grace, son personnage récurrent est le héros d’une quinzaine d’enquêtes. Dernière anecdote à son sujet, dans tous les titres originaux, on retrouve le mot « dead ». Voilà un court profil de cet écrivain.

Dès les premières pages du livre, nous sommes happés par le style, par la fluidité, par l’ambiance et après tout, c’est qu’on demande. On rentre rapidement dans l’histoire, on fait connaissance avec le principal protagoniste et seulement après, que l’on décortique l’intrigue. Le schéma est clair, net et précis. On sait où on va aller. De plus, lorsqu’on lit les remerciements, l’auteur dit qu’à la fin des années 80, il avait reçu l’appel d’un homme qui prétendait détenir la preuve de l’existence de Dieu … On comprend que son héros, le journaliste Ros Hunter est une forme d’avatar de l’auteur et si on ajoute que celui-ci a fait de nombreuses recherches et rencontré des ecclésiastiques, des théologiens et des scientifiques pour étoffer son récit.

Lorsqu’on aborde la religion, on s’attaque toujours à quelque chose de délicat et dans un polar ésotérique, trouver le secret qui peut à tout moment bouleverser l’humanité, tout en lui donnant de la crédibilité devient un exercice périlleux pour les écrivains de ce genre. « La preuve est l’ennemie de la foi », c’est l’une des petites phrases qui revient dans le roman. Que faudrait-il aux gens pour affirmer l’existence de Dieu ou de disconvenir celle-ci ? Bien au-delà de l’intrigue, le roman soulève la question des conséquences si on venait à prouver l’existence ou la non-existence d’un être divin. Les conséquences seraient à la fois spirituelles, philosophiques, sociales, politiques, économiques et … Ce sont des arguments que l’on retrouve dans un polar ésotérique sur deux, mais il y a à la fois dans celui-ci un regard neuf et naïf, parce que c’est la première fois que l’auteur britannique s’attaque à ce genre. Revenons à nos moutons. Ceci est un polar ésotérique voire même un roman d’aventures et non, un ouvrage scientifique mais il peut donner du grain à moudre.

Dès le début, on fait preuve d’empathie pour le héros, Ross Hunter et c’est d’ailleurs l’un des points forts. On le suit dès ses premières piges pour le journal « L’Argus » jusqu’à son ascension au « Sunday Times ». Les premiers chapitres nous font découvrir Ross Hunter, sa personnalité, son univers, etc. L’une des grandes forces de ce roman, c’est l’empathie que l’on développe autour de Ross, de son épouse Imogen et même de leur chien, Monty. Pour ce qui est des méchants de l’histoire, on aime détester le pasteur évangéliste Wesley Wenceslas et le patron de la multinationale pharmaceutique, le professeur Ainsley Bloor. Les deux sont sont des salopards qui n’hésiteront pas à arrêter Rosse Hunter dans sa quête. Si je reviens quelques secondes sur le pasteur, je trouve que Peter James égratigne bien les évangélistes et le personnage de Wesley Wenceslas par son développement me fait penser à l’acteur et chanteur américain Wayne Newton dans le James Bond, « Permis de tuer » où il jouait le rôle du professeur Joe, le gourou d’une secte travaillant pour un trafiquant de drogue. Autour des protagonistes et des antagonistes, gravitent une multitude d’autres personnages intéressants et bien exploités qui serviront à ralentir ou à accélérer Ross Hunter.

Après avoir reçu un appel de la part d’un certain professeur Cook lui affirmant qu’il détient la preuve de l’existence de Dieu et sentant l’article sensationnel, Ross Hunter met le doigt dans un engrenage diabolique. En suivant des coordonnées géographiques, il va se rendre à Glastonbury et mettre la main sur le Graal, puis prendre la direction de la Vallée des Rois pour mettre la main sur un artéfact et crocheter par la Californie pour rencontrer quelqu’un… Enfin, vous verrez qu’il sera question de Parousie ou plus communément appelé la Seconde Venue du Christ. Je ne vais pas développer ce point mais je trouvais que cela faisait écho avec l’excellente série « Messiah » qui a été diffusée en début d’année sur la plateforme de streaming Netflix.

Comme je l’ai laissé entendre plus haut, ceci est un mélange entre le polar ésotérique et le roman d’aventures, taillé comme une saison de « 24 Heures chrono ». Si je prends à titre d’exemple, la quête du Graal par Ross Hunter, on va se contenter de quelques vagues explications, mais sans un réel développement car on suppose que le lecteur sait dire dans les grandes lignes ce que représente la coupe du Christ. L’objet a servi lors de la Cène, a recueilli le sang du Nazaréen lors de la crucifixion et a été amené à Glastonbury par Joseph d’Arimathie, point à la ligne. On ne développe pas, on ne part pas sur le mythe arthurien, etc. Idem même chose lorsque Ross Hunter va explorer la Vallée des Rois. On va à l’essentiel, basta !

Le manque d’information historique et/ou ésotérique va être compensé par la nervosité et les péripéties qui s’enchaînent sur un rythme effréné. D’ailleurs, je ne suis sûr que Dan Brown ajoute n’ajoute pas autant d’information. On ne va pas tourner autour du pot, c’est efficace et ça ne fait pas un pli car le roman vide la tête.

Au bout du compte, que vais-je retenir de ce roman ? C’est une agréable découverte avec Peter James. Je pense que je vais lire d’autres romans. Avec ce dernier opus, j’ai aimé la réflexion que l’on peut se faire sur les conséquences si on venait à faire tomber les religions. Bien entendu, il s’agit d’un aspect pointilleux étant donné le contenu traité de ce blog. Je vais surtout retenir l’agréable moment de lecture. Le dynamisme de l’auteur, l’absence de temps mort. La preuve ultime sera très certainement le compagnon idéal de vos vacances.

Bibilio :

JAMES, Peter. La preuve ultime. Paris : Fleuve noir éditions, 2020. 537 p. ISBN 978-2-265-14405-7

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