12

Quatrième de couv’ :

Hugo, archéologue et passionné d’ésotérisme, découvre au fond d’une crypte une mystérieuse relique, qui l’entraîne dans une fantastique quête initiatique.

De l’incroyable aventure des Templiers à la conquête de l’Arche d’Alliance, jusqu’aux sociétés secrètes actuelles ; de Bugarach à l’Egypte en passant par Chartes, les Açores, Bimini et Tiahuanaco, Hugo remonte jusqu’aux origines les plus secrètes de l’humanité où l’initiation aux Mystères se fait par la transmission de symboles … et du chiffre 12.

En quelques mots :

Cet été, j’ai fait la rencontre de ce roman qui m’a été proposé par les éditions Detrad. Merci à eux pour cette découverte. Il s’agit du septième roman d’Eric de L’Estoile et est le lauréat de plusieurs prix littéraires dont le prix VSD du polar et Serre-Chevalier.

Ce roman est présenté comme un triptyque historique, prophétique et initiatique. Un mélange audacieux qui semble flirter avec le génie. Une structure interpellante en douze chapitres et chacun divisé en trois parties, Hugo (le héros), le Temple (partie relative à l’histoire des Templiers) et Gisors (partie relative au château de Gisors et aux fouilles qui ont été organisées). Je n’ai plus vu de structure comme celle-ci depuis Cloud Atlas : La cartographie des nuages de David Mitchell.

À l’inverse de l’auteur britannique, où son récit prend le temps de s’installer et de prendre le lecteur par la main en le plongeant dans différents genres allant du roman épistolaire au roman de science-fiction en passant par le roman noir, ici, on navigue entre trois sous-genre du thriller ésotérique. Le genre initiatique sera orienté vers Hugo, le prophétique vers Gisors et l’historique vers le Temple. Les genres se mélangent et il est parfois difficile de les distinguer les uns des autres.

La bonne idée du roman est de partir sur la symbolique du nombre 12. Alors quand on pense à ce nombre, qu’est-ce qui vient en tête ? Le partage des heures du jour et de la nuit, les signes du zodiaque, les travaux d’Hercule, le nombre d’apôtres … Le 12 est partout ! Mais l’autre bonne idée, c’est de mettre en scène André Malraux. Pour moi, lorsqu’on évoque l’auteur de La condition humaine, c’est son rôle de ministre des affaires culturelles sous la présidence de de Gaulle et le discours fait à Jean Moulin lors de son entrée au Panthéon. Mais connaissez-vous le Malraux adepte d’ésotérisme ? Templiers, Prieuré de Sion et Malraux, c’est pour moi, la véritable découverte du roman.

Le roman est plein de bonnes idées voire un trop plein d’idées. J’ai parfois eu cette impression qu’on a voulu en mettre de trop. Arche d’Alliance,Templiers, Gisors, Egypte, Atlantide en passant par un véritable tour du monde qui va nous conduire de Chartes vers les Açores en allant jusqu’au cœur de la Bolivie et d’une civilisation pré-inca. Comme on dit : « Trop d’information tue l’information ». Je comprends que l’auteur a envie de nous montrer qu’il sait et qu’il veut partager son histoire mais il ne faut pas noyer le lecteur. Il ne faut pas prendre le lecteur pour un imbécile, ce qui n’est pas le cas ici, mais il ne faut pas le plomber avec une somme astronomique d’éléments historiques ou ésotériques. De plus, une connaissance de l’histoire templière est recommandée. En même temps, on ne compte plus les romans sur les Templiers.

La structure du roman est son plus grand atout, mais elle peut être sa plus grande faiblesse en regard du nombre d’éléments, car c’est au risque de voir l’histoire se refermer sur elle-même. J’aurais préféré que l’on traite de deux ou trois éléments dont le Malraux amateur d’ésotérisme. La concentration sur les éléments et la structure se font au détriment du personnage principal. Hugo est orienté vers une quête initiatique, intellectuelle et spirituelle mais émotionnellement, il ne dégage rien. On ferme le livre, on l’oublie, c’est dommage.

Au bout du compte, ce n’est pas si mal que ça parce qu’il y a de nombreuses bonnes idées mais on ne peut pas tout mettre dans un roman de deux cents pages. « Choisir, c’est renoncer » comme disait Sartre ou alors, il faut multiplier le volume par 2 ou par 3 afin d’apporter de l’empathie au héros, de l’action et surtout avoir le loisir de digérer l’information. Les Templiers et l’Arche d’Alliance, c’est du vu et revu. Le traitement de la symbolique du nombre 12, c’est stupéfiant et on se laisse berner par Eric de L’Estoile. Vous avez compris que ma partie préférée reste celle réservée à André Malraux car on s’attend pas à le rencontrer. 12 est à prendre avec vous, si vous partez seulement en vacances. À prendre avec vous si vous partez seulement en vacances.

Eric de L’Estoile et 12 inaugurent la collection En Quête initiatique de Detrad et j’espère pour l’auteur qu’il n’en restera pas là et que l’éditeur étoffera sa collection rapidement.

Biblio :

de L’ESTOILE, Eric. LEVASSEUR, Christophe [collab.]. 12. Paris : éditions Detrad, 2021. 224 p. (Coll. En Quête initiatique). ISBN 978-2-916094-81-6

2 réflexions sur “12

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