La Franc-maçonnerie n’existe pas : Lâchez-moi le tablier !

Quatrième de couv’ :

Joseph I. Guillotin était Franc-Maçon mais était-il sanguinaire ?

Les Francs-Maçons sont-ils seulement macho ou ont-ils juste envie de faire du business dans des arrières-loges secrètes ? La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ? Quels étaient mes réels objectifs en devenant un Frangin ?

En 2017, Lors d’une Tenue Blanche Ouverte où j’étais le conférencier il m’est apparu que je répondais toujours aux mêmes questions et inquiétudes. Du coup, il m’est venu l’idée de les transcrire dans ce livre. Pour autant, cet ouvrage n’a pas la prétention de tout vous révéler sur LA Franc-Maçonnerie. Il mettra juste la lumière sur le parcours d’un Franc-Maçon normal. Loin des habituels poncifs, Lâchez-moi le tablier vous propose juste de comprendre ce qu’est la Franc-Maçonnerie vue de l’intérieur.

En quelques mots :

Quand je rédige une chronique, je débute toujours de la même manière. Le titre de l’ouvrage comme titre de la chronique, ce qui rend la chose plus simple que de taper « le dernier livre de machin » ou « la dernière escarmouche de truc ». Ensuite, je mets mes sous-titres « Quatrième de couv' », « En quelques mots » et je termine avec « Biblio ». En tant que bon bibliothécaire-documentaliste, faire une notice catalographique ou bibliographique ne devrait pas me poser de question. ISBD, AFNOR et autres outils bibliothéconomiques ont en principe aucun secret pour moi. Lorsqu’on m’a proposé de livre cet ouvrage, je me suis dit « chouette, un peu de plus ! Un livre que je vais faire découvrir, un auteur qui aura plus de vue sur le monde, etc. » mais je suis resté sur le c… lorsqu’il a fallu se pencher sur la notice. Le titre était-il « La Franc-maçonnerie n’existe pas » ou « Lâchez-moi le tablier ». Je vais vous épargner toute ma réflexion en matière bibliographique mais le titre et son sous-titre sont tous les deux très interpellant et ne doivent laisser personne indifférent.

Si j’ai opté pour cette formulation, « La Franc-maçonnerie n’existe pas : Lâchez-moi le tablier ! », les deux composants du titre donnent déjà du grain à moudre. Le titre principal est choc mais il se veut très propre. Le titre secondaire a ce petit côté irrévérencieux que j’affectionne énormément. Ce « Lâchez-moi le tablier ! », c’est une version polie de « Va te faire cuire un œuf » (Et je reste soft dans mes propos, car j’aurais pu aller plus loin). Je n’ai pas encore ouvert le livre et on peut déjà partir sur plusieurs pistes de réflexion. Notez que toutes ces pistes sont très bien représentées par le dessin de la première de couverture que l’on doit à l’ami Jakin BD. Un Frère avec ses décors et des gants de boxe, ce qui donne déjà le tempo.

L’auteur, Eric Gregor (E. Gregor, pour les plus observateurs) est un Frère de la région lilloise qui au moment de la sortie de son livre était le Vénérable Maître de sa Loge. À travers son livre, il nous propose un petit voyage au pays des Francs-maçons. Il nous explique qu’un soir de 2017 après avoir planché sur la thématique : « La Franc-maçonnerie pour qui ? Pour quoi ? » lors d’une Tenue Blanche Ouverte, préparait le terrain pour la publication de ce livre.

On connaît tous des livres où des maçons se sont dévoilés, ont tenté d’expliquer la Franc-maçonnerie au monde profane ou ont voulu exprimer leur point de vue ou leur expérience du « milieu ». Les bibliothèques, les libraires et les blogs n’en manquent pas. Alors en quoi ce livre se distingue des autres ? La Franc-maçonnerie est une vieille dame de 300 ans et depuis qu’elle existe, elle a été l’objet de bien des critiques mais elle a été surtout incomprise. Dans les exemples qui sont donnés, j’aime la comparaison que fait l’auteur avec une pâtisserie de renom. Qui ne s’est jamais arrêté devant un boulanger-pâtissier pour regarder ce qui avait en vitrine ? Éclairs au chocolat, mille-feuilles, merveilleux et autres tartes, nous avons tous louché un moment ou un autre devant une vitrine. Vivant dans une grande ville, lorsque les touristes sont présents et qu’ils s’agglutinent en masse, c’est vraiment l’exemple type.

Ok, nous ne sommes pas dans « Le meilleur pâtissier » mais la Franc-maçonnerie, c’est comme ce fameux pâtissier dont tout le monde parle. On se doute que derrière la vitre, derrière le comptoir, il y a l’atelier. À l’atelier, il y a la brigade qui est dirigée par le pâtissier. Avant la renommée, le pâtissier a commencé en bas de l’échelle. Il a raté sa pâte à chou à plusieurs reprises mais petit à petit, il a découvert tous les aspects du métier et à complexifier son travail afin d’obtenir sa pièce-montée.

Alors en quoi peut-on comparer une pâtisserie et la Franc-maçonnerie ? Revenons quelques instants devant la vitrine. On peut se poser des tas de questions sur la façon dont le travail a été exécuté. Comment a-t-on réussi à faire ce glaçage qui rend ce gâteau si appétissant ? On peut imaginer, supputer, théoriser et … Afin de savoir comment ça passe dans l’atelier. Il y a les secrets de fabrication et le savoir-faire du chef. Ben … La Franc-maçonnerie, c’est la même chose ou du moins ça y ressemble beaucoup.

Arrêtons quelques instants notre délire autour de la pâtisserie, ce qui permettra aux lecteurs en hypoglycémie de se remettre de leurs émotions. Cet ouvrage n’est en rien l’un de ceux qu’on peut trouver en librairie. Certes, cela reste un livre témoignage … Le témoignage d’un Frère qui est bien dans son époque. Les explications se sont limpides. On ne fait pas dans le chichi ou dans de la rhétorique pompeuse. Eric Gregor donne à son lectorat des exemples clairs avec une bonne dose d’humour qui en cette période n’est pas négligeable.

Plus j’avance dans cette chronique, plus je constate que je fais des lignes et des lignes et il n’est pas question de réécrire le livre ou réinventer l’eau chaude. Tout ça pour dire que ce livre m’a plu et que je m’y retrouve. Je me suis revu lorsque je travaillais sur mon travail de fin d’études et lorsque j’ai découvert dans la CDU, que la Franc-maçonnerie avait été classifiée avec les sectes, la mafia et autres personnes peut fréquentables. En fait, l’indice 061.251 est intitulé « Organisations et mouvements secrets ou semis-secrets ». Ceci explique cela.

L’auteur revient sur bien des aspects sur lesquels on se pose des questions. D’autres auteurs se consacrent exclusivement à l’une ou à l’autre question dans un seul et même livre. Ici, nous avons un point de vue qui offre des pistes. Alors quelles sont-elles ?

  • Pourquoi être Franc-maçon au 21ème siècle ? Qu’est-ce qui pousse les gens à rentrer dans une démarche initiatique ? Pour cela, je vous dirai que c’est propre à chacun. Tout dépend de notre bagage culturel, professionnel et familial. La démarche est déjà le fruit d’une longue réflexion. On ne se réveille pas un matin en disant « Je suis Franc-maçon ». C’est quelque chose qui se travaille et qui se vit intensément. Tiens, ça me rappelle notre cher pâtissier de tantôt.
  • La place de la mixité et de la Femme dans la Franc-maçonnerie ? Pour cette dernière, j’ai une réponde toute simple : « La Femme est un Homme comme les autres ». Réponse toute faite mais qui marche à tous les coups.
  • On retrouve la question de l’engagement. Après tout faire mumuse avec un tablier et des gants, ça représente un investissement personnel qui se conjugue avec une vie familiale, privée et professionnelle. Pas tout le temps évident …
  • Bien entendu, on a droit à un bon petit chapitre sur l’antimaçonnisme avec celui de base qui se place autour de la méfiance ou celui autour d’une forme d’élitisme. On retrouve également le Nouvel Ordre Mondial, les affairistes, l’aspect sectaire ou le côté « diabolique ».

En conclusion, la Franc-maçonnerie n’existe pas ! Ou du moins, elle n’existe pas si on ne la connait pas. On a presque tout dit sur elle. On la retrouve facilement. On peut assister à nombreuses conférences sans se faire trucider à la sortie. Les librairies débordent d’ouvrages de tout bord. Du petit manuel pour Monsieur et Madame Tout-le-monde à des ouvrages plus pointus. En fait, le seul véritable secret, en dehors de celui d’appartenance ou de révéler ce qu’il se passe, c’est celui du cheminement personnel. Les mécanismes que les individus mettent en place pour parvenir à s’améliorer et à faire que cela rayonne en dehors du Temple. Après tout, 99,9% des Frères et de Sœurs sont des gens ordinaires qui font de leur mieux.

Biblio :

GREGOR, Eric. La Franc-maçonnerie n’existe pas : Lâchez-moi le tablier ! Hallennes-lez-Haubourdin : TheBookEdition, 2020. 152 p. ISBN 978-2- 9570495-0-9

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