Le mensonge sacré

Quatrième de couv’ :

Au soir du premier jour de son élection au trône de saint Pierre, le pape Benoît XVI est tenu de lire un document qui cache le secret le mieux gardé de l’histoire – le mensonge sacré. À Londres, un milliardaire israélien est entré en possession de parchemins dont l’un contient des informations qui menacent directement le secret des papes. Rafael, un agent du Vatican, est envoyé pour enquêter sur ces dangereux documents. Il va découvrir quelque chose qui va non seulement ébranler sa foi, mais aussi les piliers de l’Église catholique…

En quelques mots :

EN-FIN ! Enfin, c’est le mot ! Enfin le retour de Sarah Monteiro et de Rafael Santini, les héros de Luis Miguel Rocha. Les personnages et l’auteur sont de retour aux éditions de l’Aube. La série « Complots au Vatican » a été publiée dans la maison d’édition précitée et comme très souvent lorsque un livre connaît une vie en grand format, il passe par la case format de poche. Après que Le dernier Pape (éditions de l’Aube, 2015 & Folio, 2016) et La balle sainte (éditions de l’Aube, 2015 & Folio, 2017). Si les deux premiers romans ont suivi la trajectoire type, il a été plus difficile pour ce troisième volume. Revenu à la maison-mère, il a été publié au format de poche, fin 2019 dans la collection de l’Aube noire. Que s’est-il passé ? Pas de rencontre escomptée avec le lectorat ? Mauvais chiffres de vente ? Saturation du secteur ? Etc.

Ce troisième volet de « Complots au Vatican » nous permet de retrouver avec plaisir le duo mis en place par Luis Miguel Rocha, la journaliste Sarah Monteiro devenue responsable de la politique internationale au Times. Rafael Santini, fidèle à lui-même, le vrai bras armé du Vatican. Dans le camp adverse, on n’oublie pas, l’ignoble JC, maître absolu de la loge P2 et assassin de Jean-Paul 1er. Avec les principaux personnages, l’auteur lusitanien dépeint divers personnages à la fois attachants et détestables.

Comme dans la plupart des romans mettant en scène les principaux acteurs de l’Église catholique, dans ce cas, nous retrouvons le Pape Benoît XVI, son Secrétaire d’État, les membres de la Congrégation pour la propagation de la foi (le nom moderne de l’Inquisition), des dignitaires de la Compagnie de Jésus que l’on connaît mieux comme l’ordre des Jésuites. Bien évidemment, on ajoute à tout ça, le « fameux » secret qui va bouleverser les fondements de l’Institution et bien entendu les nombreux croyants.

Alors c’est quoi ce « fameux » secret ? Lui Miguel Rocha met en avant la découverte des rouleaux de la Mer Morte. Jusque-là, rien de nouveau, c’est une thématique récurrente des polars ésotériques. L’auteur continue de plus belle en affirmant que l’un des rouleaux est l’évangile de Jésus et qu’un autre prouve qu’il a vécu plus longtemps que prévu. Au fil des pages, il nous prouve que son ouvrage est richement documenté et qu’il est assez difficile de distinguer la fiction de la réalité. Notons que certains aspects sont tellement réalistes que l’on a bien envie d’y croire. Dans les hypothèses développées, l’auteur nous montre un Jésus tel que je le perçois. Cela reste mon avis personnel, mais je ne le vois pas comme le fils d’un charpentier, ni même comme le fils de Dieu mais comme l’héritier d’une famille aristocrate. Je le perçois comme un homme hautement cultivé, en avance sur son temps, fin psychologue et bien entendu ayant développé une discipline de vie morale et physique de haut niveau. Je ne vais pas en dire plus le personnage du Christ mais la manière dont les éléments sont argumentés, font qu’on a envie d’y croire.

En même temps, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour garder le pouvoir ? Les fondements sur lesquels sont basés l’Église catholique sont-ils vrais ou ont-ils été falsifiés ? Les Princes de l’Église sont-ils capables de tout voire même du pire pour conserver leur pouvoir ? À travers tous les personnages présentés dans « Le mensonge sacré », croyants ou non-croyants voire simple curieux, tout le monde peut se forger sa propre opinion.

Luis Miguel Rocha s’attarde également sur Ignace de Loyola, fondateur et Premier Supérieur Général de la Compagnie de Jésus.  Il revient sur l’origine de l’ordre des Jésuites, son influence au sein de l’Église catholique et tente de faire des connexions avec l’intrigue et les fameux rouleaux de la Mer Morte. Ajoutons à tout ça, une branche dissidente de l’ordre. Si je me réfère à la note du traducteur, Vincent Gorse à la fin de l’ouvrage, celui-ci nous rappelle qu’un an après la parution du roman dans sa version originale en 2012, Benoît XVI avait renoncé à sa charge suprême pour laisser Jorge Mario Bergolio, un jésuite, devenir pape. Quelle douce ironie surtout que la chronique précédente traitée de la relation entre les deux derniers souverains pontifes.

De Londres à Jérusalem, la course-poursuite est menée tambour battant. Comme dans les opus précédents, la CIA et le FBI se mêlent à la danse et l’auteur ne manque pas d’humour en disant les deux agences américaines se mêlent trop souvent de choses qui ne les regardent pas. L’histoire distille de bonnes doses d’explications sur l’histoire de la religion catholique mais également quelques balles de Beretta 9mm. Si vous connaissez l’adage : « Diviser pour mieux régner » ? Le bouquin divise l’histoire en deux parties majeures. L’intrigue avec Sarah et la quête des rouleaux et celle de Rafael autour des membres de la Compagnie de Jésus. La journaliste portugaise était moins effacée que dans le précédent volume ou du moins, c’est l’impression que cela donne. L’agent du Vatican nous montre tout son savoir-faire d’espion et s’il a été malmené, il semble avoir donné des signes de faiblesse. Ah ces supers agents ! Ils ne sont que des hommes.

J’ai trouvé quelques faux-airs de Da Vinci Code, étant donné que l’on retrace la vie de Jésus. Des faux-airs de loin et dans la pénombre … Le roman de Dan Brown a certes popularisé le polar ésotérique depuis une quinzaine d’années mais par rapport à celui-ci, il nous prouve que l’œuvre du romancier américain n’est qu’un brouillon. Il se dégage de cet ouvrage ainsi que des autres livres de l’auteur portugais, une puissance de frappe que l’on connaît peu chez les auteurs polars ésotériques. Après avoir parlé de Jean-Paul 1er dans « La dernier Pape », Jean-Paul II dans « La balle sainte et Benoît XVI dans ce roman, il nous reste « La fille du Pape », ultime roman de la série « Complots au Vatican » du regretté Luis Miguel Rocha. Par contre, espérons qu’il ne faudra pas attendre deux ans pour découvrir cet opus

Biblio :

ROCHA, Luis Miguel. Le mensonge sacré. Éditions de l’Aube, 2019. 648 p. (L’Aube noire poche, Complots au Vatican ; 3). ISBN 978-2-8159-3510-4

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