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Quatrième de couv’ :

Plusieurs collectionneurs de documents anciens sont retrouvés assassinés, le visage marqué par une expression de terreur. Leur point commun : ils avaient en leur possession des papiers rédigés par l’inventeur Thomas Edison à propos du nécrophone, un appareil qu’il a mis au point à la fin du XIXe siècle et qui permettait de communiquer avec les morts.

Dans le même temps, une milliardaire excentrique demande à Thomas Cazan de mettre la main sur le fameux nécrophone. Intrigué, le journaliste-enquêteur se lance dans sa plus incroyable enquête, jusqu’aux frontières de l’au-delà.

Quelle est cette mystérieuse et ancestrale confrérie de savants qui possède et protège l’invention d’Edison depuis le XIXe siècle ? L’enquêteur de l’étrange va découvrir un terrifiant secret dont certains veulent s’emparer à n’importe quel prix. Y compris celui du sang.

En quelques mots :

Tout d’abord, un immense merci à City éditions et à Eric Bony pour leur confiance renouvelée. Le nouveau roman d’Eric Bony a été une lecture plaisir immense.

On entend souvent parler de ces livres et des ces films « feel good » et si ce thriller n’est pas orienté bons et loyaux sentiments, on a tous les ingrédients nécessaires du polar qu’on aime lire. Une quête mystique, édotérique, des personnages historiques fascinants, un précieux artéfact, des scènes d’actions menées tambour battant et un héros qui s’en prend plein la figure.

J’ai été très content de retrouver Thomas Cazan. Après La musique des ténèbres, on pensait que Thomas vivait sur son petit nuage avec Agnès Lecomte et dès les premières pages, Eric Bony a sacrifié le principal personnage féminin. L’affront ! Agnès a été victime d’un attentat parallèle à ceux du 13-Novembre. Les premières pages semblent être un coup de gueule de la part de l’auteur vis-à-vis de ces terribles évènements.

Thomas n’est plus que l’ombre de lui-même. Il erre telle une âme en peine une épave … mais l’aventure n’est pas loin. Il va faire la rencontre d’une vieille milliardaire qui va lui proposer la quête la plus étrange. Retrouver le nécrophone, invention du génial Thomas Edison. Le nécrophone est un projet d’invention de Thomas Edison. Cet appareil devait permettre la communication avec les morts en enregistrant leurs voix et les sons qu’ils peuvent émettre.

Dans un même temps, nous avons l’ami policier de Thomas, Farid Bennoun qui enquête sur des morts étranges. Les deux enquêtes vont se suivre en alternance jusqu’au moment où elles vont finir par se réunir. J’ai particulièrement aimé le rôle de Farid Bennoun. Le personnage a permis de dynamiser le récit pendant le temps que Thomas était au fond du gouffre et même à la fin du roman, les deux personnages sont vraiment complémentaires.

Ce que j’apprécie énormément avec les romans d’Eric Bony, c’est qu’il arrive à renouveler le roman ésotérique. Pas de franc-maçonnerie, mais peut-être un jour, pas d’Illuminati, pas de templiers, pas de quête qui a déjà été mille fois explorée. Il travaille sur des thématiques et des personnages historiques qu’on voit rarement.  On peut vraiment parler de la signature de l’auteur, tout comme on peut dire que les Giacometti-Ravenne sont les maîtres incontestés du thriller ésotérique, José Rodrigues dos Santos est le pro du thriller bien documenté et bien informé et Jean-Pierre Bocquet est l’orfèvre des mots.

Pas toujours convaincu ? Si vous êtes nostalgique des œuvres de Jules Verne et en particulier l’adaptation cinématographique « 20.000 lieues sous les mers » avec James Mason et Kirk Douglas, vous ajoutez à ça l’inventeur Thomas Edison et l’astronome Camille Flammarion, vous allez obtenir un roman qui fleure bon le 19ème siècle ou si vous êtes plus moderne, le steampunk.

En guise de conclusion, vous avez roman dynamique, distrayant qui fait du bien à lire. Vous redécouvrez des personnages qui ont bercé votre enfance, un peu comme une madeleine de Proust. Vous avez une intrigue bien construite. L’alternance des chapitres entre Thomas et Farid est à la fois jouissive et énervante. C’est jouissif par l’état d’esprit du livre. C’est énervant parce que lorsque vous êtes concentré sur un chapitre et que le suivant commence avec l’autre personnage, vous sentez ce moment de crispation parce que vous avez envie de savoir ce qu’il va arriver à Thomas ou à Farid. Bref, l’effet page-turner est garanti à 100%.

Biblio :

BONY, Eric. La voix des morts. Paris : City éditions, 2018. 298 p. (City thriller). ISBN 978-2-8246-1314-7