La loge noire

Quatrième de couv’ :

Angleterre, mai 1914. Alors que des menaces de guerre planent sur l’Europe, l’inspecteur Adey enquête sur une série de meurtres étranges, qui ne sont pas sans rappeler ceux de « l’automne de la terreur », où un certain Jack l’Éventreur sévissait dans les quartiers pauvres de Whitechapel. Au même moment, un courtier du nom de Mark Bowen se rend à Londres pour acquérir la Kabbala denudata, un incunable essentiel de la tradition occulte. Il est mandaté par Aleister Crowley, membre de la société secrète Golden Dawn, qui traîne une réputation de mage noir… et milite dans les mouvements séparatistes celtisants. Mais lorsque Bowen arrive à la librairie de Geoffrey Bloom, dans le quartier mal famé de Soho, il découvre celui-ci égorgé. Et l’ouvrage convoité a disparu ! Coupable idéal, Bowen devient un homme traqué. Pour prouver son innocence, il devra retrouver l’assassin et découvrir quel secret cache la Kabbala denudata que convoite la mystérieuse Loge noire…

Dans un suspense où plane l’ombre de Conan Doyle, commence alors une course contre la montre qui fera se côtoyer révolutionnaires irlandais, espions allemands, anarchistes et francs-maçons.

En quelques mots :

Roman sorti en février 2017, La loge noire de Jean-Pierre Croquet a été l’une de mes lectures de cet été et si on est amateur des enquêtes du célèbre détective créé par Arthur Conan Doyle, vous serez comblé. Ambiance de début de siècle, le premier conflit mondial gronde au loin et une mystérieuse affaire d’égorgeur et le vol d’un grimoire trouble les vies de l’inspecteur Robert Adey, du courtier Mark Bowen, du mage Aleister Crowley et des différents protagonistes.

Un mot sur l’auteur !

Pour bien comprendre l’histoire, il faut faire un point sur l’auteur. Jean-Pierre Croquet est un ancien professeur de lettres modernes, spécialiste du théâtre policier, il est connu comme étant le scénariste de plusieurs bandes dessinées, mais aussi auteur de romans. Passionné par le mystère, il se dirige tout naturellement vers le personnage de Sherlock Holmes. Au début des années 2000, il collabore avec Benoît Bonte, où il ressuscite Sherlock Holmes et John Watson. Les traits du célèbre détective ne sont pas sans rappeler ceux de l’acteur Jeremy Brett qui l’avait interprété dans les années 80. Le troisième tome, « L’ombre de Menephta » a été récompense par le Prix Groom et Quincaillier.

L’auteur est un touche-à-tout. Il a compose plusieurs recueils de nouvelles fantastiques autour du thème de Noël. Il a adapté des romans en pièces radiophoniques. Il a également annoté un essai du grand maître Stephen King qui a été publié en deux volumes (Anatomie de l’horreur, 1995 + Pages noires, 1996). En 2007, il publie un roman policier avec l’aide d’Alain Demouzon qui s’intitule « Fromental et l’Androgyne ».

Les personnages

  • Robert Adey : Veuf, père d’une petite May, il est inspecteur principal à Scotland Yard. Héros, chargé de l’enquête sur l’Égorgeur, il se rendra vite compte que  il est chargé de l’enquête. Il est aidé par deux jeunes inspecteurs dont un spécialisé par l’occultisme.
  • John Havenstock : Superintendant au Yard, il est le Vénérable de la loge l’Alliance fraternelle. Ce personnage montrera très rapidement un autre visage. Il est le « bad-guy » de l’histoire car il souhaite réveiller la tristement célèbre Loge noire.
  • Julius Stark : Représentant de l’ambassade d’Allemagne, il complote avec Havenstock. On pouvait espérer que celui-ci double le superintendant mais c’était sans compter sur la présence de l’Égorgeur.
  • Mark Bowen : Courtier, spécialiste dans les anciens livres, celui-ci travaille pour Alaister Crowley afin de récupérer le grimoire, la « Kabbala denudata ». Le malheureux est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Mark Bowen est le « sidekick » de service car il est manipulé par Crowley, par les anarchistes et que Havenstock a trouvé en lui le coupable idéal.
  • Oliver Balham : Mieux connu sous le sobriquet de l’Égorgeur, il est à la fois, tueur en série et tueur à gage. On pourrait croire à un personnage sans âme, ni morale mais celui-ci refuse d’assassiner la famille Adey.
  • Aleister Crowley et compagnie : Difficile de parler de tous les autres personnages. J’aurais cru qu’Aleister Crowley aurait été exploité autrement. Notons que le personnage féminin d’Alycia Cleybourn apporte une petite plus-value. Le meltingpot de personnages est tellement important que l’on pourrait se croire dans une nouvelle saison des Feux de l’amour. Personnages principaux et personnages secondaires sont tellement nombreux que parfois, on peut en perdre le compte.

Venons en à l’histoire !

L’histoire menée tambour battant se déroule à la veille de la première Guerre mondiale. Lord Halifax, bibliophile chevronné en matière de sciences occultes possède une version inédite de la Kabbala denudata. Membre de l’amirauté et frère couvreur de la loge Alliance fraternelle, celui-ci sera assassiné. Nombreux sont ceux qui souhaitent récupérer le grimoire. Aleister Crowley, espions allemands, anarchistes irlandais et francs-maçons se battent pour mettre la main dessus. Est-ce pour les formules et autres incantations que l’on souhaite récupérer cet incunable ?

Mark Bowen, chargé par Aleister Crowley pour récupérer le précieux ouvrage. Arrivant au mauvais moment et au mauvais endroit, celui-ci sera pourchassé par Julius Stark et John Havenstock. Archétype du brave type de service, il va rejoindre malgré lui les rangs des anarchistes.

Dans un même temps, l’inspecteur principal Robert Adey va se voir confier l’enquête sur l’Égorgeur. Reconnaissant assez rapidement l’innocence de Bowen, Adey va mettre les pieds où il ne fallait pas. La Kabbala denudata possède d’autres documents ! On comprend mieux la présence des anarchistes, des espions et de Winston Churchill. Faut-il rappeler que nous sommes à la veille de la guerre ?

Robert Adey va soupçonner son chef, le superintendant John Havenstock. Ce dernier n’a pas dit son dernier mot. Les deux flics vont mutuellement se tendre un piège. L’alliance Stark-Havenstock va voler en éclat et chacun va vouloir faire cavalier seul. Le vénérable de l’Alliance fraternelle va chercher à tout prix d’être l’égal de Satan … Car oui, la loge noire est une loge sataniste !

Les trahisons s’enchaînent aussi vite que les chapitres. Tout le monde veut mettre la main sur l’incunable ou sur les précieux documents qui sont cachés dedans. Les coups de théâtre s’enchainent et au moment où on arrive aux alentours de la 250ème page, on se demande si l’auteur n’a pas « craqué son slip », si vous me passez l’expression. Nous voyageons dans les milieux de l’occulte et de l’ésotérisme et l’auteur nous sort un envoûtement vaudou sur le personnage d’Adey. What the fuck ??? Sur la fin du roman, il y a plusieurs moments assez particuliers. L’envoûtement et le désenvoûtement de l’inspecteur. Le massacre de plusieurs personnages. L’enlèvement de la fille d’Adey et la messe satanique. Les retrouvailles avec Oliver Balham sur le front de guerre en guise d’épilogue.

Le roman est sympa à lire. On plonge directement dans l’ambiance. La rencontre avec Arthur Conan Doyle est plutôt sympathique. L’ambiance se situe entre le « Sherlock Holmes » vu par Guy Ritchie et la série canadienne « Les enquêtes de Murdoch ». La découpe n’est pas sans rappeler que l’auteur a été le scénariste de plusieurs bandes dessinées. Si ce roman devait connaître une adaptation, le travail de scénarisation ne serait pas aussi conséquent comme pour d’autres titres. Toujours dans le découpage, les chapitres sont très, très courts. Les plus petits font une page, peut-être un peu moins. Les plus longs n’excèdent jamais les six ou huit pages. C’est le parfait argument quand on lit dans les transports en commun.

Au final, l’histoire est très bien ficelée. J’ai passé un bon moment avec le roman de Jean-Pierre Croquet. Alors que retenir ? Trop de personnages à mon goût, nous sommes à la limite de l’orgie entre personnages principaux et personnages secondaires. La trop grande quantité de protagonistes m’empêche de m’identifier à l’un et à l’autre. D’ailleurs, cela se justifie par l’impression de lire le scénario d’une BD. Beaucoup de personnages, un environnement particulier, une intrigue avec beaucoup d’éléments. Bref, cela fait beaucoup de choses à retenir.

Biblio :

CROQUET, Jean-Pierre. La loge noire. Paris : l’Archipel, 2017. 306 p. (Suspense). ISBN 978-2-8098-2057-7

Une réflexion sur “La loge noire

  1. Ping : Bilan 2017 de Littérature maçonnique | Littérature maçonnique

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.