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Description de l’ouvrage :

Sous la beauté de l’Art, les secrets de l’Histoire

Milan, 1508. Un matin d’avril, la tête d’un architecte récemment installé en ville est retrouvée dans le baptistère de Saint-Ambroise. Chargé d’enquêter sur cette affaire, le prévôt Vittore, pourtant connu dans toute l’Italie pour sa brillante intelligence, est bien en peine d’en démêler les fils. Rien dans ce meurtre n’est ordinaire. Ni l’attitude de l’évêque de Milan, qui semble redouter le pire des cataclysmes, ni l’arrivée subite du célèbre Michelangelo, qui a dû pour cela abandonner la fresque qu’il est en train de peindre à Rome, dans la chapelle de Sixte. Mais le plus troublant demeure ce plat d’argent où reposait la tête tranchée, et sur lequel sont grossièrement gravés ces trois mots : VENIT IUSTITIAE SOL – Le Soleil de Justice a brillé.

En quelques mots :

Sorti en mai dernier, voici le premier album d’un diptyque signé par Didier Convard, Eric Adam et Thibaud De Rochebrune. Il s’agit de l’adaptation éponyme du roman de Convard. Pour l’aider dans cette tâche, il s’est entouré de son vieil ami Eric Adam, avec lequel il a travaillé sur la série Hertz et sur le one-shot « L’abbaye de Clairvaux« . Convard et Adam ne sont pas des novices de la BD historico-ésotérique. Pour le coup de crayon, ils ont fait appel à Thibaud de Rochebrune. Ce dernier s’est fait connaître pour la série « Bluehope » ou dernièrement pour « Pinocchio » de la série « A l’origine des contes ».

Cet album remet en scène le prévôt Vittore que l’on découvert dans un précédent diptyque sur Léonard de Vinci. Vous pouvez retrouver les chroniques ici : tome 1 + tome 2. L’action de l’album se passe 9 ans avant les évènements qui ont mis en scène le génie de Florence. Cela veut dire que cette nouvelle aventure du prévôt ne s’inscrit pas comme une suite.

Considéré comme un valeur sûre et même si certains diront que cet album et le suivant sont des coups de marketing bien placés avant et après les vacances, l’évocation simple du nom de Didier Convard permet à n’importe quel lecteur de retrouver un récit captivant où l’histoire se mêle à merveille entre religion, ésotérisme et polar sanglant. Après le décès de Gilles Chaillet en 2011, Thibaud De Rochebrune s’est approprié le personnage du prévôt Vittore. Sa version ressemble à un Ian Holm en provenance du Cinquième élément.

Dans l’Italie de la Renaissance, nous découvrons un un Michel-Ange Buonarotti sur le point d’entamer son œuvre  la plus importante : peindre le plafond de la chapelle Sixtine.Et là, premier bémol pour cette BD, l’artiste toscan disparaît très rapidement. On le rencontre sur 6 planches …  Espérons qu’il apportera la solution pour le dénouement final !

La fluidité du récit rend la lecture agréable. On sent que les évènements ont été placés d’une façon méthodique. Le tempo est maîtrisé voir peut-être un peu trop contrôlé et cela donne cette impression qu’on ne laisse pas la place à l’improvisation. La fin de l’album vous laisse sur un p… de cliffhanger.

Que dire du coup de crayon de Thibaud De Rochebrune ? Le coup de crayon est très bon, il se fond dans le classicisme du récit. Le dessin est épuré et pourtant, il n’hésite pas à nous montrer de très beaux détails. La mise en couleurs de Delf est jolie mais il manque de nuances. Il ne faut rivaliser avec Michel-Ange mais jouer avec des dégradés aurait apporté un plus.

Par contre, j’ai un problème avec le « grand méchant » de l’album. L’ennemi du prévôt Vittore se nomme Baphomet et celui-ci ressemble à une momie avec une capuche rouge. Si ce mystérieux personnage se prend pour un bûcheron, la ressemblance avec Mumm Râ, le super vilain du dessin animé Cosmocats. Je ne sais pas si dans le roman, il existe une description de Baphomet mais pour le coup, il y a un cruel manque d’imagination.

À gauche, couverture du tome 2. À droite, Mumm Ra, personnage du dessin animé Cosmocats. Ressemblance perturbante n’est-il pas ?

Finalement, un scénario de bonne facture qui nous montre que le duo Convard-Adam fonctionne très bien. Un dessin de De Rochebrune simple, épuré et au service du scénario. Un Michel-Angelo absent, malgré le titre de l’album. Peut-être que l’artiste se cache sous des bandelettes ? Possible mais la réponse sera donnée en septembre.

Biblio :

CONVARD, Didier. ADAM, Eric. DE ROCHEBRUNE, Thibaud. Michel-Ange : Le banquet des damnés. Grenoble : Glénat, 2017. 48 p. (Caractère, Michel-Ange ; 1) ISBN 978-2-7234-9975-0

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