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Quatrième de couv’ :

Récemment intronisé dans un cénacle maçonnique dunkerquois, Franck reçoit avec surprise un message anonyme à son domicile : l’expéditeur l’enjoint de se rendre à Gravelines, en un endroit isolé le long de la voie ferrée. Pour le convaincre, il l’informe que des vies sont en jeu. Sur place, un tag représentant une étoile encerclée et une tête de bouc. Mais le plus étonnant est l’inscription laissée là, en lettres majuscules : MA VERLAINE. Au fil des jours, Franck ainsi que plusieurs de ses frères et soeurs francs-maçons reçoivent des lettres de menace contenant des énigmes à résoudre. L’enjeu ? Leur vie. Le duo d’enquêteurs Mac et Benah se lance alors sur les traces de ce mystérieux corbeau bien décidé à détruire les loges.

En quelques mots :

Lire le dernier roman de Jean-Pierre  Bocquet, c’est l’assurance de prendre une claque livresque de la part du maître du polar maçonnique. L’érudtion de l’auteur nordiste n’est plus à démontrer et son pacte satanique offre différents trois niveaux de plaisir

Le premier plaisir, c’est la « lecture symbolique ». Jean-Pierre Bocquet nous plonge dans polar où l’ésotérisme règne en maître. Les amateurs de l’auteur remarqueront qu’il joue avec certains termes, certaines expressions maçonniques pour agrémenter le récit. Ces termes, ces expressions ont été parsemés ici et là avec élégance et finesse.

Le second plaisir, c’est le contexte historique. Si le Nord … ou plutôt devrais-je dire que les Hauts de France sont à l’honneur, c’est une véritable découverte de la région au cours de l’époque napoléonienne. La franc-maçonnerie sous l’Empire et en particulier la loge militaire « La Philadelphie », les smogglers ou contrebandiers et … Bref, l’utilisation de tous ces éléments rendent la lecture palpitante.

Le troisième plaisir réside dans l’histoire elle-même. Si les flics Mac et Benah font le job et le font bien, j’ai été plus agréablement surpris par le rôle de Franck Crommelynck. Je me suis senti plus proche de ce personnage que des héros. Peut-on parler du retour de Mac-Benah ? Ou devrions-nous dire la première enquête de Franck Crommelynck ? Le malheureux n’est pas flic, ni même journaliste, certes il est amateur d’histoire mais il s’agit d’un prof de maths qui est manipulé, torturé par Jean-Pierre Bocquet depuis Quai des cadavres,

Recevant d’étranges missives, sur son appartenance à la franc-maçonerie, Franck est contraint de mener l’enquête. Qui lui en veut ? Que lui veut-on ?  Aidé par par Bertrand Domenech et par Mac-Benah, il doit remonter la piste du mystérieux corbeau qui le tourmente. Au fil des pages, les missives ressemblent de plus en plus à des menaces de mort. D’où vient la menace ? La réponse est dès plus surprenante et il faudra attendre la fin du roman pour avoir une réponse claire. Hé oui, si vous êtes un lecteur fan de Jean-Pierre Bocquet vous menez l’enquête également.

L’ambiance est particulière. Elle semble parfois brumeuse mais avec une vive luminosité. C’est sans doute le grand écart entre les évènements qui ont lieu du côté de Dunkerque et ceux qui ont lieu dans le sud de la France et en Catalogne.

Quand on découvre ce que le pacte satanique représente, on ne se dit que certaines personnes sont bas de plafond et ce roman nous montre que l’antimaçonnisme est un phénomène persistant. Notez que si on parle de cette thématique, on ne met pas en scène le complotisme. Le rapprochement est parfois facile à effectuer dans les polars maçonniques mais pas ici. Mettant en scène un catholicisme conservateur, il nous montre les déboires des pensées extrêmes. L’auteur nous livre une vision plutôt positive de la franc-maçonnerie. En même temps, il ne faut pas être naïf et si Jean-Pierre Bocquet le démontre, la FM est loin d’être une société parfaite mais prouve que c’est à chacun de ses membres de tout faire pour la rendre la plus idéale possible.

Que retenir de ce pacte ? Un roman court, moins de 250 pages où les évènements sont très intenses. Il y a beaucoup d’informations, beaucoup d’éléments. Une vision de l’antimaçonnisme qui ne laisse pas insensible et donne matière à réflexion. Petit détail non-négligeable, avoir son Petit Robert à côté de soi. Jean-Pierre Bocquet aime les beaux mots de la langue française et aime nous les livrer.

Biblio :

BOCQUET, Jean-Pierre. Le pacte satanique. Villeneuve-d’Asq : Ravet-Anceau, 2017. 236 p. (Polars en nord ; 229). ISBN 978-2-35973-623-6

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