Mots-clefs

, , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Quatrième de couv’ :

Depuis des siècles, trois prophéties annoncent la mort du pape –  » l’homme en blanc  » – et la chute du Vatican avec elle.

Alors que des documents de première importance sont volés dans la cité pontificale, le pape fait appel à Tomás Noroñha pour l’aider à les retrouver.

Celui-ci commence son travail d’investigation dans les catacombes de la basilique Saint-Pierre, mais sa mission prend très vite une nouvelle tournure. Le souverain pontife vient d’être enlevé, il est menacé de mort. Le compte à rebours commence et le chaos menace. Des millions de personnes descendent dans les rues, les attentats s’enchaînent et plusieurs pays se préparent à entrer en guerre. Le désormais célèbre cryptologue n’a pas d’autre choix que plonger dans les mystères du Vatican pour retrouver le pape et mettre fin à cette situation apocalyptique.

En quelques mots :

Tout d’abord, un mot de remerciement aux éditions Hervé Chopin et à Madame France Thibault de l’agene Comideo pour leur confiance.

Les romans de José Rodrigues dos Santos sont devenus l’un des piliers les plus importants de ce blog et chaque année, la sortie de son nouveau roman est un véritable évènement. De plus, chaque année, je vous dis que l’auteur portugais écrit avec force, vivacité et intelligence des faits, des évènements uniques. L’agencement de ses récits ressemble ont de quoi vous faire trembler car ils sont très proches de la réalité. Un vrai sentiment perturbant.

Vaticanum est le 8ème opus des aventures de Tomás Noronha et chronologiquement parlant, il s’inscrit derrière La Clé de Salomon. Mais si vous avez lu, l’année dernière Furie divine en grand format ou si vous comptez le faire prochainement, notez que la version poche est sortie. Les deux romans s’inscrivent dans une même démarche, nous montrer la montée du radicalisme religieux et les enjeux actuels.

Dès les premières pages, nous plongeons dans une ambiance particulière. Si vous êtes attentifs, vous remarquerez que les premiers chapitres mettent en scène deux personnages. Après un prologue menaçant, nous rencontrons un Tomás, heureux, épanoui et en mission pour le Vatican. Mais comme souvent dans ce genre de roman, un évènement intervient et l’historien portugais est amené à rencontrer le Pape François.

La rencontre avec sa Sainteté est une véritable joute verbale, un duel d’esprit entre le chef de l’Eglise et l’historien. Dès la première centaine de pages, nous apprenons une véritable leçon d’archéologie chrétienne. Ce duel nous conduit à trois prophéties. Depuis le 12ème siècle avec Saint-Malachie, jusqu’aux bergers de Fatima en passant par Pie X, tous annoncent, la chute du souverain pontife et de l’Eglise. Troublantes coïncidences. Le pape François serait-il le « Petrus Romanus », le dernier pape ? Un pitch accrocheur, il ne fallait pas de plus pour titiller Tomás Norobha.

Mais car il y a un mais, JRDS change du tout au tout. La transition se fait en quelques mots. Le pape est enlevé par des hommes de l’ et en quelques mots, JRDS nous plonge dans une tout autre histoire.

Quand le thriller ésotérique devient un thriller politico-financier !

Après l’enlèvement mené par des hommes de l’État islamique, Tomás plonge dans une course folle dans les couloirs du Vatican pour délivrer le chef de l’Église. Il nous montre la face obscure de cette institution. Le Vatican est un état avec statut … « particulier » dirons-nous. État souverain, multinationale, l’organisation du Saint-Siège est tentaculaire. Au bout de quelques pages, lorsque l’ombre de la banque Ambrosiano remonte des tréfonds, on se demande où l’auteur veut en venir. Forcément, on commence à se poser des questions, à établir des hypothèses et là, on se dit : « Est-ce possible que le Vatican finance le terrorisme international !? »

Ambrosiano, Roberto Calvi, Michele Sandoni, P2, monseigneur Marcinkus et j’en passe. Tout le monde à un moment ou à un autre a entendu parler de ces noms qui ont fait trembler la cité vaticane et toute l’Italie. Mais que s’est-il passé lorsque le cardinal Marcinkus est tombé ? Nous le savons tous que l’affaire du banquier de Dieu est un sujet qui a été vu, revu, corrigé et recorrigé, un compatriote de JRDS, feu Luis Miguel Rocha nous a livré sa version de l’histoire dans son roman, Le dernier pape. JRDS ne s’arrête pas à l’affaire de la banque du Vatican. Il nous livre une nouvelle interprétation d’un réalisme terrifiant.

Lorsque les livres de José Rodrigues dos Santos se sont fait connaître dans nos contrées, on a dit qu’il était le Dan Brown portugais. Un joli compliment, même si j’estime que sa plume est supérieure à l’auteur américain. Anecdote intéressante, l’auteur avait dit dans une interview qu’il ne situerait jamais l’action de l’un de ses romans au Vatican, ce qui prouve qu’il ne faut jamais dire jamais.

Avec Vaticanum, nous sommes dans une enquête journalistique sur fond romanesque. L’auteur lusitanien joue sur les plates-bandes de John Grisham ou de Tom Clancy. Il nous dévoile une nouvelle facette de son talent et on peut le clamer haut et fort, le thriller ésotérique devient un thriller politico-financier ! L’auteur et son héros ne se limitent au décryptage et à l’analyse du scandale la P2 et de la banque Ambrosiano. Vous remarquerez que l’auteur tape sur plusieurs têtes comme on tape sur un clou récalcitrant qui refuse de s’enfoncer. Ainsi Paul Marcinkus, Michele Sindona, la P2, l’IOR et Jean-Paul II vont en faire les frais.

D’autres noms de la scène politique italienne comme Giulio Andreotti, d’ailleurs, JRDS disait de lui qu’il était le véritable patron de la P2. Des noms de mafieux sont donnés et complètent la liste des individus qui ont tourné autour du Vatican et l’IOR.

L’action de Vaticanum est censée se passer sur une durée 24h et disons que Tomás n’a rien à envier aux vedettes hollywoodiennes des films d’action où ces héros du commun doivent sauver le monde en moins de 24 heures. Et là, se pose la faiblesse du roman. Est-il possible de décrypter tout le système bancaire, le blanchiment d’argent et de sauver le pape ? En même temps, JRDS évite de tomber dans le piège de l’enquête ésotérique en envoyant son héros faire du tourisme dans la Ville éternelle. Notez bien que si vous êtes en demande d’action, vous ne serez pas déçu. Les scènes sont nerveuses, prenantes et angoissantes.

JRDS évite de tomber dans le piège de l’enquête ésotérique en envoyant son héros faire du tourisme dans la Ville éternelle.

Sans vous révéler la fin du roman, sachez que le suspens vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page. Tomás sauvera-t-il sa Sainteté ? C’est à vous de lire ! J’ai adoré le dénouement final pour révéler l’identité du traitre. Tomás Noronha s’est pris pour Hercule Poirot réunissant les suspects puis révélant la vérité des différents mobiles.

La lecture du roman a tendance nous faire poser des questions sur l’avenir du monde occidental. Quelles seraient les conséquences si une attaque était menée contre le Vatican ou contre le pape ? Dans Vaticanum, divers faits extérieurs nous montrent les tensions possibles. En allant de l’affrontement entre chrétiens et musulmans, puis en passant entre les tensions militaires entre les Grecs et les Turcs. Quels sont les enjeux politiques et religieux d’un tel évènement ? Faut-il se soumettre aux délires des islamistes radicaux ? La loi martiale serait-elle d’application dans tous les pays occidentaux ? Les multiples réflexions ont de quoi vous donner froid dans le dos !

En conclusion, José Rodrigues dos Santos nous offre un roman puissant, avec un scénario catastrophe digne des meilleurs films hollywoodiens. L’approche est pertinente et on reconnaît le coup de griffe du journaliste. La maîtrise du sujet montre que le travail  de documentation et d’investigation de l’auteur portugais a dû être terriblement conséquent.

Rendez-vous en 2018 pour retrouver le cryptanalyste portugais !

Biblio :

DOS SANTOS, José Rodrigues. Vaticanum. Paris : HC éditions, 2017. 632 p. ISBN 978-2-3572-0334-1

Publicités