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bd-gardiendelalanceDescription de la série :

Un vulgaire morceau de métal trouvé lors d’une fouille archéologique en Egypte est en fait une pièce d’un puzzle très compliqué et tellement ancien… plus encore que notre système solaire, peut-être que la naissance de l’univers… Celui qui réussirait à rassembler l’objet initial serait investi d’un pouvoir sans limites. Le seul autre morceau répertorié est incrusté dans un objet mythique : la lance de Longinus… La lance du Christ… Mais celle qui se trouve au musée de Hofburg à Vienne est une copie. La vraie lance a disparu à un moment inconnu de l’histoire.

Et nos protagonistes la recherchent depuis longtemps… Très longtemps… A commencer par un officier de l’Allemagne nazie de 1936, ainsi que par un archéologue menant ses recherches dans la Vallée des Rois…

Et si ces deux-là étaient frères ?…

Et s’ils avaient été victimes d’une malédiction dès leurs premiers jours …

Avis :

Il y a quelques jours, j’ai mis la main sur la série complète du « Gardien de la lance », publiée aux éditions Glénat dans la collection La Loge Noire au même titre que Le Triangle secret et INRI, mais à l’inverse de ses consoeurs qui ont connu un très grand succès, celle-ci a connu une certaine déconvenue.

Cette série de 5 albums a pourtant des atouts mais elle a surtout des lacunes. La première lacune est pour moi, la date de publication des deux premiers albums. Arrivés dans le courant de l’année 2002, la bande dessinée n’a pas connu l’élan provoqué par le Da Vinci Code sorti en France et en Belgique en 2004. Vous allez me dire que Le Triangle secret n’a pas eu besoin de l’œuvre brownienne pour sortir du lot, étant donné que les albums sont sortis entre 2000 et 2003. Mais avouons que l’atout majeur, c’est une histoire puissante.

La seconde lacune, c’est le scénario. Le découpage du scénario est une catastrophe sans nom et en particulier dans les deux premiers tomes. Pour les tomes suivants, on note une amélioration, la lecture est moins saccadée mais elle reste poussive. Pour comprendre mon point de vue, voici les choses m’ont dérangé :

  • L’idée générale de la quête de la lance de Longinus à la veille de la Seconde Guerre mondiale n’est pas révolutionnaire mais cela reste acceptable. L’affaire se corse en rajoutant des jumeaux séparés à la naissance. L’un est devenu SS et l’autre est un pastiche d’Indiana Jones. On rajoute à l’addition des dieux égyptiens qui vivent parmi les hommes. L’un est un professeur d’histoire, l’autre est médium, l’une est nonne et l’autre … ben on ne sait pas trop à quoi il sert. On pourrait croire que c’est le grand méchant de la série et puis, non ! Ces mêmes dieux qui sont en fait des aliens venus d’une galaxie lointaine et en même temps, ils auraient mieux fait de rester chez eux.En fait, on dirait que les auteurs se sont dit, on va mélanger la lance du destin, les disques de Phaïstos avec le linéaire A et le linéaire B, un peu de religion, de mythologie, des personnages aux origines douteuses et … On secoue le tout et on verra bien ce qu’on aura.
  • Le découpage graphique est mal fait. Les scènes sont mal posées. Les évènements s’enchaînent rapidement et la lecture est sans prise de tête mais l’amateur de bd est parfois paresseux et il faut lui tenir la main pour le conduire d’un point A à un point B.Dans une même scène, au moment où la tension monte, elle retombe comme un soufflé au fromage. Au moment où on s’attend à une révélation, elle n’arrive pas. On vous laisse sur un p… de cliffhanger qu’on ne verra jamais. Je vais vous donner deux exemples. Primo, la fin du tome 1, où Aurore, l’héroïne blesse par balle Laurent. On se dit qu’elle va lui règler son compte dans le tome 2 et là, elle le soigne et en tombe follement amoureuse. WTF ! Secundo, la fin du tome 4, où on annonce la Vérité sur les origines des jumeaux et le tome 5 débute avec tout autre chose. Mais merde quoi ! Je peux comprendre qu’on fixe des exigences éditoriales, mais il semble que les auteurs ont eu le feu au derrière et qu’ils ont oubliés des étapes. C’est comme si vous regardez un film sur une chaîne de télé et lors de la page publicitaire, vous changez de chaîne pour regarder le match de foot.
    Détail non-négligeable et c’est peut-être pour faire passer la pilule plus facilement, c’est le plan nichon et/ou le plan cul dans chaque album.

La série ne collectionne pas que les lacunes. Le dessin est beau, il est bien fourni. Les auteurs se sont bien documentés. Rendons à César ce qui appartient à César. Si je fais la fine bouche, le dessin manque de contraste pour jouer sur les profondeurs. Les personnages évoluent tout au long de la série, ils gagnent en caractère mais parfois, le trait est mou … En fait, ce qui est vraiment plaisant dans les 5 albums, c’est visiter le monde antique, les hauts lieux archéologiques, Venise, Rome. Des paysages de carte postale.

En conclusion, un scénario laborieux pour ne pas dire autre chose avec une intrigue qui a ni queue, ni tête. Un mélange d’ésotérisme, d’histoire et de science-fiction maladroit. Un dessin mou et une maigre compensation qui se situe dans le decolleté des différentes héroïnes.

Biblio :

  • FERRY. ERSEL. Les frères. Paris : Glénat, 2002. 48 p. (Le Gardien de la lance ; 1). ISBN 2-7234-3669-1
  • FERRY. ERSEL. L’initiation. Paris : Glénat, 2002. 48 p. (Le Gardien de la lance ; 2). ISBN 2-7234-3961-5
  • FERRY. ERSEL. Le don de Salâh al -Dîn. Paris : Glénat, 2004. 48 p. (Le Gardien de la lance ; 3). ISBN 2-7234-4187-3
  • FERRY. ERSEL. Les disques de Phaïstos. Paris : Glénat, 2006. 48 p. (Le Gardien de la lance ; 4). ISBN 2-7234-4712-X
  • FERRY. ERSEL. Les héritiers. Paris : Glénat, 2007. 48 p. (Le Gardien de la lance ; 5). ISBN 2-7234-5332-5
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