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Pages du Serpent, LesQuatrième de couv’ :

Barcelone, été 2004 : quatre femmes sont assassinées, leur corps, mutilés. Neuf lettres d’un alphabet cryptique ont été gravées dans leur chair, et leur langue a été coupée. La quatrième victime est Natalia Hernandez, comédienne star du Théâtre National, filmée le soir du meurtre par une caméra de surveillance, inanimée dans les bras d’un jeune homme aux cheveux noir corbeau. Il sera retrouvé noyé quelques jours plus tard.

Barcelone, hiver 2014 : Anna Verco, une jeune Américaine chercheuse en histoire médiévale, douée de clairvoyance occasionnelle, accepte d’aider l’inspecteur Fabregat, désormais à la retraite mais qui n’a jamais perdu l’espoir de résoudre l’affaire Hernandez. Ensemble, ils reprennent l’enquête et tentent de reconstituer le puzzle autour des assassinats. Les recherches d’Anna mettent au jour une connexion entre les meurtres et un texte très ancien, remontant à l’époque du Christ et écrit dans la langue des sorcières.

Avis :

Le talent est-il héréditaire lorsqu’on est l’héritière d’un grand nom de la littérature anglaise ? À cette question, la réponse est non ! Jessica Cornwell, petite-fille de John Le Carré, celle-ci se lance dans l’aventure du roman ésotérique avec le premier tome d’une trilogie. Ambitieux, n’est-il pas ?

Si l’accroche à de quoi émoustiller le lecteur par une couverture ressemblant à un parchemin avec divers symboles ésotériques, un couteau à la pointe ensanglantée et une quatrième de couverture prometteuse. Toujours envie ? Vous ajoutez à ça un beau bandeau qui vous annonce : « Un thriller qui pourrait bien détrôner Dan Brown ! » Présomptueux !?
Malheureusement la lecture est tout autre …

Si le contenant se laisse faire, le contenu, c’est une tout autre histoire. Se faire une place au soleil dans le domaine du polar ésotérique est difficile et quand ce genre de roman fait parti de vos choix habituels, vous devenez de plus en plus exigeant. Bien qu’il s’agit d’un premier roman, cela n’excuse en rien la qualité du récit.

Ce roman est découpé en trois livres. Chaque livre découpé en plusieurs chapitres. Une structure plus ou moins intéressante si la lecture n’est pas aussi indigeste. J’avoue que je viens seulement de terminer le premier livre et j’ai cette impression de melting-pot où on découvre l’héroïne, Anna qui est à la recherche de documents rares, les palimpsestes de Rex Illuminatus. En ces quelques lignes, je viens de vous résumer la première partie de l’intrigue. Le reste n’est que du remplissage …

Un roman ésotérique comme tout autre roman de l’imaginaire se doit d’être le fruit d’une recherche documentaire minutieuse pour servir au mieux l’intrigue. Ce n’est pas au lecteur de faire le tri. Être perdu après 125 pages, c’est tout même très fort et il vous en reste 300 … Pour vous faire une opinion, l’héroïne, une médiéviste américaine qui semble avoir des dons médiumniques mais qui dit ne pas en avoir. De plus, celle-ci se dit être malade. Maladie dont ignore tout. Alors comment voulez-vous vous identifier à elle ? Comment voulez-vous faire preuve d’empathie ?

Vous arrivez à suivre ? Moi-même, je me perds dans mes explications … Il y a des romans où lorsqu’on lit les 100 premières pages, on se dit : « Whaou, déjà ! », dans ce cas, on se dit « Whaou, seulement … ». Il y a un vrai problème scénaristique. Je suis très certainement cassant mais lire un chapitre à le même effet qu’un somnifère. Un épisode de Derrick à 3h du matin a plus de chance de vous maintenir éveillé.

Si vous voulez le dernier détail qui tue, c’est l’utilisation abusive de symboles ésotériques. Dans tous les romans, on retrouve ce genre de symboles. Cela permet d’illustrer la pensée de l’auteur et de guider le lecteur. Mais ici, on en retrouve partout. Quel rôle ont-ils ? Tout simple ! Ils sont là pour embellir, pour séparer les paragraphes et les chapitres.

Alors oui, il y a un point positif à la chose, c’est une visite guidée de Barcelone. Avouons que si on veut visiter la capitale de la Catalogne, un exemplaire du Guide du Routard est largement suffisant.

Finalement, on peut se dire que Dan Brown peut dormir sur ses deux oreilles et que malheureusement, les éditions Michel Lafon ont signé pour une trilogie. Si ce roman est l’entrée d’un repas 3 services, espérons que le plat de résistance ne nous assomme pas pour du bon.

Biblio :

Cornwell, Jessica. Les Pages du Serpent. Paris : Michel Lafon, 2015. 424 p. ISBN 978-2-7499-2426-7

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