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PDA-Philip Le Roy

Votre blog préféré vous offre une rencontre incroyable et généreuse avec l’auteur français, Philip Le Roy.

Né en 1962 dans la belle cité de Toulouse. Publicitaire de formation, Philip Le Roy est un véritable touche-à-tout. Passionné d’arts martiaux, de de musique rock, de cinéma et du roman noir américain. La passion de l’écriture va le dévorer à partir des années 90.

Après deux premiers prix pour les romans « Pour adultes seulement » et « Couverture dangereuse », c’est en 2005 que l’auteur est révélé au grand public avec le Grand prix de la littérature policière pour son roman « Le dernier testament« . Ses romans sont traduits en Italie, en Espagne, en Russie, en Allemagne et en Corée.

L’auteur de « La porte du Messie » et de son dernier né « L’origine du monde » a accordé une interview à votre blog préféré. L’auteur revient sur son parcours, sa collaboration avec Guillaume Hervieux et à l’avenir de sa saga sur les livres sacrés.

Moments intenses !

Avec vos deux derniers romans, « La porte du Messie » et « L’origine du monde », vous proposez aux lecteurs un voyage à travers les livres sacrés, mais comment est né ce voyage ?

Ce voyage qu’on peut qualifier d’initiatique est né de deux rencontres. La première, avec une femme voilée qui m’a interpellé au cours d’une dédicace en me déclarant que le Coran avait été écrit par des chrétiens. La seconde, avec le théologien Guillaume Hervieux grâce auquel j’ai pu enquêter et accéder à certaines vérités qui confirmaient la déclaration de cette inconnue que je n’ai jamais revue. Le voyage en question a été très mouvementé. Guillaume et moi étions des pionniers sur un sujet que personne n’avait osé traiter sous forme de roman. Nous avons ouvert une voie avec toutes les difficultés et les risques que cela comporte.

La collaboration avec Guillaume Hervieux est très riche. Comment est née votre collaboration ? Ecrire à quatre mains pour un prochain roman est-ce envisageable ?

Sans Guillaume, ce roman n’aurait jamais pu être écrit. Quand je lui ai parlé de mon inconnue, il m’a tout de suite annoncé « elle t’a dit la vérité, à nous de l’étayer ». Guillaume m’a donné accès à des textes difficiles, il m’a apporté sa connaissance, son énergie, sa ténacité, son courage. On a enquêté plus d’un an sur les origines du Coran et sur le rôle que ce livre a joué dans le monde et à travers l’histoire. A partir de la somme de documentation que nous avions amassée a germé le travail romanesque qui permettait de transmettre l’essentiel de nos découvertes au grand public. Guillaume et moi avons tracé les grandes lignes de l’histoire. L’aventure de Simon et de Sabbah a alors commencé. Là, c’était mon domaine. L’écriture ne s’est faite qu’à deux mains. Le travail littéraire est un travail solitaire. Je ne le conçois pas autrement. C’est comme en peinture. On ne peint pas une toile à plusieurs. En revanche, une fois le texte achevé, Guillaume s’est assuré que chaque information historique et théologique était correcte. Il restait ensuite à le publier. Et là, nous n’étions pas trop de deux pour affronter le mur de refus de la part des éditeurs, y compris de celui que j’avais à l’époque, qui avaient peur de publier ce texte sulfureux. A deux, on a surmonté les moments de découragement et ça a fini par payer. Cette collaboration fut exceptionnelle, à la fois par sa qualité (Guillaume est devenu un ami) mais aussi par le fait qu’elle est inhabituelle dans ma carrière d’écrivain. Comme je l’ai dit, sans Guillaume, il n’y aurait pas eu ces deux livres. Le sujet était trop sensible et j’étais incapable de m’attaquer tout seul aux fondements des trois religions monothéistes. Mais pour le prochain roman qui ne traitera plus de religion, je reprends mon travail en solitaire.

Comment se déroule une journée type chez Philip Le Roy ?

Le travail d’écrivain est un travail de chercheur d’or. L’or étant le temps. Je sais que cela fait un peu schizophrène, mais une partie de mon cerveau est toujours « ailleurs » en train de développer l’histoire en cours. Alors chaque jour, je traque les bons moments pour libérer sur l’ordinateur ce qui déborde de mon imagination. Je n’ai pas d’horaires, ni d’habitudes, ni de rituel. Sinon, j’aurais choisis d’être fonctionnaire. J’écris n’importe où, à mon bureau, en avion, sur un bateau, dans une chambre d’hôtel, dans un café. Il m’est même arrivé d’écrire en boîte de nuit. Je m’y mets à n’importe qu’elle heure. Souvent, au réveil j’ai mille idées qui ont bourgeonné pendant la nuit et je m’empresse de les noter dans un carnet. Le soir est plus propice à l’écriture, pas de téléphone, pas de parasite, pas de contrainte horaire.

Le thriller « historico-ésotérique » semble être le terrain de jeu des anti-héros paumés et clopeurs comme Simon Lange. Qu’en pensez-vous ?

Mon véritable héros n’est pas Simon, mais Sabbah. « L’Origine du monde » qui vise à restituer à la moitié de l’humanité sa vraie place, ne pouvait avoir qu’une femme comme personnage principal. Sabbah est un personnage fort et charismatique, elle sait exactement ce qu’elle veut. Simon, lui, est un personnage très noir, il subit l’action, il est le produit de nos sociétés malades, conçues par des hommes pour des hommes. Il a basculé du côté obscur de la force, comme dirait George Lucas. Le thriller historico-ésotérique est souvent très machiste. Il était temps d’avoir une héroïne qui prenne les choses en main et soit le moteur de l’histoire.

Simon Lange semble suivre un « chemin initiatique » à travers les religions, est-ce pour lui comme pour les lecteurs de comprendre les fondements des différents cultes ?

Le chemin initiatique est inhérent à la découverte de la vérité, qu’elle soit religieuse ou autre. Il passe par des étapes incontournables qui enrichissent le récit, tiennent le lecteur en haleine et l’emmènent parfois très loin. Tout commence par le départ du héros. Il quitte un monde familier pour plonger dans un univers étrange et fascinant. Il rencontrera un mentor, surmontera de multiples épreuves, se fera des alliés et des ennemis, accèdera au cœur de la matrice qui est l’endroit le plus dangereux du monde, relèvera l’épreuve suprême au cours de laquelle il sera confronté à ses peurs les plus profondes. Et il en ressortira transformé. J’aspire à ce que mes lecteurs passent un sacré bon moment aux côtés de mes personnages en suivant le même chemin et à ce qu’ils se trouvent eux aussi un peu changés à la fin du livre.

 

La fin de « L’origine du monde » semble ouverte à un nouvel opus. Le voyage dans les livres sacrés continuera-telle vers un autre opus ?

Le dénouement de « L’Origine du monde » reste ouvert. On imagine qu’il va déboucher sur un nouvel opus qui pourrait s’intituler « Exodus ». Mais je ne l’écrirai pas. J’en ai fini avec le sujet. J’ai réglé mes comptes avec la religion en révélant des vérités fondamentales. Le problème est que « La Porte du messie » et « L’Origine du monde » sont arrivés trop tôt en France. Notre pays met toujours du temps à comprendre ce qui se passe autour de lui. Les gens n’étaient pas prêts à recevoir de telles vérités, encore moins les médias enfermés dans leur ignorance et leurs certitudes. Il suffit de voir les incohérences de notre politique étrangère, les déclarations ridicules de nos hommes politiques quand ils parlent de l’islam ou l’analyse puérile que les journalistes font des évènements en Syrie. Et je ne parle même pas de toutes ces femmes dans les médias qui n’ont pas osé chroniquer « L’Origine du monde » de peur de passer pour des féministes. Je ne sais pas si les gens auront un jour une juste compréhension des religions. En ont-ils seulement envie ? A-ton envie de voir la hache qui va nous trancher la tête ? En tout cas, mon prochain roman traitera d’un autre mythe qui n’a rien à voir avec ce thème. Il s’agira cette fois de mettre à jour les vérités nauséabondes qui se cachent derrière l’Amérique des années 60 qui s’est tissée autour de Marilyn Monroe !

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