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Tout nouveau testament, LeSynopsis :

Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Avis :

Et si Dieu était un pauvre type ? Un raté dans toute sa splendeur ! Une épave comme on peut voir dans les drames sociaux. En fait, Dieu est Bruxellois, il vit dans un appartement trois pièces avec sa femme et sa fille mais il est surtout un connard exécrable qui n’aime pas les hommes et c’est l’image que nous a servi le cinéaste belge, Jaco Van Dormael.

Il faut dire que c’est un point de départ très culotté par rapport à l’image que nous avons du « divin » créateur. Un créateur de « lois universelles » comme la fameuse tartine de confiture qui tombe toujours du mauvais côté. Dieu est un adepte de la loi de Edward A. Murphy Jr qui est « Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal ».

Le film ne se prend jamais au sérieux mais cependant il nous procure de fameux effets sur les relations entre les hommes. Il s’agit sans conteste d’un subtil mélange d’humour, de poésie et de surréalisme belge. On y retrouve un certain émerveillement à travers les « nouveaux apôtres », où on y met un sérieux accent sur la place de l’être humain. Surtout lorsque Ea, la fille de Dieu balance la date de décès de tous êtres humains. Imaginez que vous recevez par SMS, le nombre d’années, de mois, de semaines, de jours ou d’heures à vivre. Que feriez-vous en voyant cet impitoyable compte à rebours ?

Il faut arrêter de se battre, de se disputer, d’emmerder le voisin car le chat a pissé dans les géraniums, etc. À partir de là, nous suivons les 6 nouveaux apôtres. Chacun va vivre des situations tragiques, drôles, abracadabrantes, mais toujours remplies d’une certaine émotion. On se met à côté de ses personnages et à les aimer.

La jeune et jolie célibataire qui attire les regards plus pour son handicap que pour sa beauté. L’assassin mal dans sa peau et qui n’aime pas sa femme et son fils. Le vieux beau qui n’a plus rien à prouver. Le beauf qui se retrouve dans les peep-shows pour oublier un amour de vacances. La vieille rombière sur le retour qui a tout pour être heureuse mais qui s’emmerde. Le gamin surprotégé car malade qui aurait voulu être quelqu’un d’autre et en particulier être une fille. Aidés par Ea, les choses vont prendre un virage à 180 degrés pour chacun d’eux. Les chemins vont se croiser et prendre des directions étonnantes. On pourrait parler d’une quête initiatique pour chacun. En fait, ce film est emprunt d’humanisme.

Comme je vous ai dit plus haut, il faut voir ce film comme une profonde quête initiatique provoquée par un excellent jeu d’acteur. Je dois vous avouer que j’ai hésité de vous écrire cette chronique, mais étant donné la portée de ce film, j’étais résolu à le faire.

Le casting est tout simplement somptueux. Benoît Poelvoorde est un Dieu cynique, grinçant, un connard comme on aime les voir (de loin). François Damiens est un acteur qui nous montre qu’il peut jouer des rôles plus sombres. Catherine Deneuve n’a plus rien à nous prouver même si une scène zoophile avec un gorille n’était pas encore aperçue dans son registre. La jeune Pili Groyne est une actrice qu’il faudra suivre car son jeu est plein de tonicité.

En fait, si on résume la situation, Jaco Van Dormael nous emmène dans des univers impensables où le sens de la vie prend une nouvelle dimension. Alors petit conseil, « athez-vous » pour voir ce film et vous laisser séduire par ce petit chef-d’œuvre du cinéma belge.

 

 

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