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PDA-D.Swysen-M.Jovanovic

Merci au blog jjprocureur.canalblog.com pour l’emprunt.

Avant la sortie du très attendue tome 3 d’Ars Magna intitulé V.I.T.R.I.O.L. (pour rappel, rendez-vous le 9 septembre dans toutes les bonnes librairies), le blog Littérature maçonnique, vous propose une rencontre entre les auteurs de cette trilogie à la sauce bruxelloise.

1. Interview :

1. Comment est née la passion de la bande-dessinée ?

Alcante : Comme quasi tous les auteurs de BD, j’étais moi-même un fan de BD quand j’étais petit. Mes parents étaient abonnés à Spirou et c’est avec cette revue que j’ai appris à lire. A l’époque, mes BD préférées étaient Papyrus et le Schrameustache !

Jovanovic : Étant gamin, je lisais beaucoup et j’ai donc commencé comme « écrivain » vers 8 ou 9 ans. J’ai terminé mon premier « roman », un western, où j’ai décidé de faire la couverture. Après, voyant que ce n’était pas si mal, j’ai ajouté quelques illustrations. Au même moment, j’ai commencé à lire les magazines de BD et là, cela a été un déclic et ma relation entre mes deux amours (la narration et le dessin) a commencé.

2. Avez-vous des auteurs et/ou des titres favoris ? Êtes-vous également amateur de comics et/ou de mangas ?

Alcante : Je suis fan de Jean Van Hamme, et plus particulièrement de Thorgal. J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec mon idole sur plusieurs projets (XIII mystery et Rani). Parmi les auteurs plus jeunes, j’apprécie aussi Fabien Nury ou Fabien Vehlmann. Je lis moins de BD qu’avant cependant. Je lis pas mal de mangas, mais moins de comics.

Jovanovic : Beaucoup d’auteurs et beaucoup de titres m’ont influencés, c’est trop difficile à dire. Il y a des choses différentes pour des raisons différentes, et tout ça a naturellement évolué et changé au fil du temps. En citer un ou juste quelque uns serait injuste vis-à-vis des autres.

J’ai lu des comics pendant mon adolescence, mais je ne suis pas les super-héros depuis longtemps déjà, pas vraiment mon truc… Les mangas aussi, mais pas pour la même raison – comme lecteur, je suis parfois intéressé, mais comme auteur, tel nombre de pages, telle narration et telle manière de travailler, ce n’est pas pour moi. Ou je ne suis pas fait pour ça, on peut le dire ainsi aussi.

3. Jason Brice et Ars Magna, deux premières collaborations, avez-vous de nouveaux projets avec votre binôme ? Et avez-vous vous-même de nouveaux projets ?

Alcante : Non, nous n’avons pas d’autres projets avec Milan Jovanovic pour l’instant. Mais j’ai pas mal d’autres projets en cours avec d’autres dessinateurs. J’adapte notamment plusieurs romans jeunesse chez Kennes éditions, et chez Delcourt je sortirai début 2016 le tome 4 de la série « complot », consacré au Titanic, ainsi qu’un one shot narrant la genèse fictive et horrible du célèbre tableau « le cri ».

Jovanovic : Après deux séries et six albums réalisés ensemble, on va prendre un peu de temps. J’ai essayé de travailler sur deux séries en parallèle, Ars Magna et Carthago, mais mon approche riche, détaillée et documentée demande beaucoup de temps. C’était donc très pénible pour moi et aussi pour les scénaristes, les éditeurs et les lecteurs qui ont dû m’attendre. Pour ca je préfère me concentrer seulement sur Carthago au moins pour quelque temps..

D’autres projets, il y en a, ou on peut dire qu’il y a des envies, des contacts et des discussions avec les collègues. Je suis grand amateur d’histoire ancienne et médiévale et j’aimerais vraiment faire une série ou un one shot historique. Plusieurs époques m’intéressent et il y a des scénaristes qui partagent le même goût, donc il n’est pas impossible de voir ça se réaliser un de ces jours.

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4. Les deux premiers tomes d’Ars Magna ont rencontré un certain succès. Le troisième tome sort le mois prochain, mais comment est née cette trilogie ?

Alcante : A l’origine d’Ars Magna se trouve l’idée (lue sur internet) que la Grand Place de Bruxelles formerait (avec toutes les statues et symboles) une espèce de grimoire alchimique. Et j’ai couplé ça avec mon envie d’écrire une histoire à la Indiana Jones… mais qui se passerait à Bruxelles.

Jovanovic : Alcante m’a proposé Ars Magna après notre collaboration sur Jason Brice, il avait ce projet depuis quelques temps déjà, si je me souviens bien. A l’époque de cette proposition, j’ai été plusieurs fois à Bruxelles et j’ai bien aimé me balader autour de la Grand-Place et des petites rues qui l’entourent. L’ambiance m’impressionnait donc j’ai dit “oui”. Après, quand il fallait dessiner toue cette architecture, je me demandais souvent si c’était sage.

5. Aborder la franc-maçonnerie sous l’Occupation, était-ce un sujet difficile à traiter ? Quelles ont été les difficultés de la série ?

Alcante : Disons que la loge dont je parle est certes d’inspiration franc-maçonnique mais je ne me réfère pas explicitement à cet ordre, afin de pouvoir prendre plus de libertés. Je voulais avant tout construire une histoire passionnante, plutôt que de respecter scrupuleusement l’Histoire avec un grand H. J’ai donc pris quelques libertés avec celle-ci, mais en connaissance de cause. Ce ci dit, il y a eu un très gros travail de documentation.

Jovanovic : La difficulté est au niveau de chaque période ou sujet qu’il faut recréer dans chaque BD. Comme pour les autres projets, je me suis renseigné et documenté comme j’ai pu, grâce à Internet, aux bibliothèques, aux livres et aux gens avec qui j’ai parlé, pour faire la synthèse de tout ça. Je ne prétends pas être devenu un expert, loin de là, mais il ne faut pas regarder Ars Magna comme un “livre sur la franc-maçonnerie”, c’est plutôt un récit d’aventure qui s’inspire du milieu … Mais j’ai travaillé pour me renseigner et apprendre afin que notre histoire reste relativement crédible.

6.Le tome 3 d’Ars Magna est prévu pour la rentrée littéraire, en deux ou trois mots, pouvez-vous nous parler de cet opus final ?

Alcante : Difficile d’en parler car je ne voudrais pas déflorer la vraie nature du secret d’Ars Magna. Disons qu’avec ce troisième tome, on est comme dans le troisième acte d’un film: les enjeux sont plus élevés, le rythme est plus élevé également, c’est l’affrontement final, et bien entendu la révélation du grand secret d’Ars Magna: la véritable nature du Phénix, qui devrait en étonner plus d’un.

Jovanovic : J’hésite à parler de l’histoire car ce troisième tome va boucler le récit et dévoiler l’énigme d’Ars Magna. Je dirais simplement que les lecteurs peuvent espérer que les pièces de l’intrigue vont former finalement la mosaïque alchimique. L’image va aussi donner l’explication du fameux “Phenix” qui hante nos héros depuis le début du récit et tout ça avec plus d’action. Je trouve qu’Alcante s’est vraiment bien débrouillé.

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2. Biographie des auteurs :

Didier « Alcante » Swysen

Didier Swysen est plus connu sous le pseudonyme « Alcante », contraction du début des prénoms de ses deux fils, Alexandre et Quentin. Passionné par la bande dessinée depuis son plus jeune âge, il se tourne vers des études d’économie à l’UCL (Université catholique de Louvain)

Victorieux d’un concours en 1995, il voit l’un de ses écrit publié dans le magazine Spirou. D’autres histoires courtes suivront à partir de 2002. En 2005, une série sur « les 7 pêchés capitaux » voit le jour, ainsi que « Pandora Box » et par la suite, Alcante rencontre Jovanovic. Les deux compères vont produire la série « Jason Brice », avant bien entendu la trilogie « Ars Magna ».

Milan Jovanovic

Milan Jovanovic est le dessinateur de la série Ars Magna, Jason Brice, Carthago et Serpent. Il est né à Kopar en ex-Yougoslavie, le 14 décembre 1971. C’est vers l’âge de 8-9 ans que Milan commence à s’intéresser à la BD. Il publie ses premières histoires à la fin des années 80. Après ses études Milan travaille pendant plus de deux ans dans un studio d’animation.

Parallèlement, il collabore comme illustrateur et designer dans différentes agences de pub et revues. La rencontre avec le scénariste Dorde Milosavljevic sera le point de départ de leur collaboration sur la série historique  »Kalokagathia » (deux albums parus). Milan Jovanovic sera d’ailleurs récompensé pour à cette série par le  »Prix du meilleur jeune auteur » au Salon de BD de Zajecar en 1996. Une longue amitié avec Darko Macan, un scénariste Croate de renommée internationale, aboutit à une série en cinq volumes  »La Bête Noire » publié par Novi Sad. En 2001 il participe à la création et à la rédaction du magazine de bande dessinée  »Bager » et sera notamment membre du comité éditorial.

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