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Abbaye de ClairvauxQuatrième de couv’ :

À la découverte d un lieu fascinant et chargé d’histoire

Dès son plus jeune âge, Bernard de Clairvaux est sujet à des rêves angoissants ou des visions. Toujours les mêmes : un dragon ignoble, représentant le Mal, dévore ou brûle les hommes. Bernard a compris que Dieu lui a soufflé un message en lui imposant ces images monstrueuses. D’autant que son neveu champenois Hugues de Payns, fait les mêmes songes !

L’un et l’autre savent qu’une mission leur a été confiée : combattre le démon qui ne cherche qu’à se réveiller d’un trop long exil. Pour livrer bataille, Bernard choisira la discrète robe de bure des cisterciens et fondera l’abbaye de Clairvaux ; Hugues se fera adouber chevalier et sera le premier grand maître des Templiers …

Avis :

Qui ne connaît pas Maître Didier Convard ? L’auteur de la célèbre série « Le Tiangle secret » et de ses versions dérivées nous revient avec son compère Eric Adam avec lequel, ils ont travaillé sur les séries « Neige : Fondation », « Marco Polo » et « Vercingétorix ». Aux crayons, les scénaristes ont fait appel à un jeune dessinateur, Denis Béchu (In Nomine).

Cet album est publié à l’occasion des 900 ans de l’abbaye et on notera que c’est le second one shot des éditions Glénat qui s’inscrit dans une collaboration avec des institutions religieuses. Après les commémorations marquant les 125 ans de l’École biblique et archéologique de Jérusalem et les 800 ans de la création de l’Ordre dominicain que nous retrouvons dans « Les aventuriers de la Bible : Le manuscrit de Sokoka« . Cet album n’est pas sans rappeler celui qui a été fait sur l’abbaye de Cluny, encore une fois publié chez le même éditeur.

Alors venons-en aux faits ! Adapter la vie de Bernard de Clairvaux en moins de 50 pages est un défi audacieux vis-à-vis de cette figure du Moyen-âge. Et si les scénaristes réalisent un portrait réaliste du personnage, on découvre ses grands traits de caractère. Maintenant, il ne faut pas en vouloir aux auteurs de nous dépeindre un personnage romanesque. Après tout, il s’agit d’une œuvre de fiction se basant sur des faits réels et surtout tout restant un plaisir de lecture.

Certes le récit est trop court et les questions que se posent le personnage resteront sans réponses. Après tout, c’est au lecteur de chercher à mieux connaître Bernard de Clairvaux. Son aventure est extraordinaire et même si on nous montre un protagoniste faisant preuve d’une certaine empathie, on nous montre également un personnage qui reste figer sur ses opinions religieuses.

Les hommes doivent rester des hommes. On peut parler de fondamentalisme, ce qui va lui attirer bien des ennuis (ex. la croisade contre l’hérésie cathare). Sa vie est d’une « fascinante » simplicité et son évolution se fait en parallèle à la construction de son abbaye. Abbaye qui sera mise en opposition à celle de Cluny.

En matière de dessin, on notera un aspect simple et réaliste, ce qui est à l’image de ce titre. Le trait est voire même classique mais tout à fait séduisant. En fait, il montre tout le potentiel de Dénis Béchu. En même temps voulait-il se rassurer ? Ou rassurer le lecteur ? En tout cas, il nous montre un savoir-faire déjà bien né qui évoluera au fil de différentes séries. Un dessinateur à suivre.

Au final, nous avons un album de vulgarisation historique qui devrait plaire aux amateurs du genre. De plus, si vous êtes de passage dans l’Aube, une exposition présentant les planches originales et l’histoire de l’abbaye de Clairvaux.

Biblio :

CONVARD, Didier. ADAM, Eric. BÉCHU, Eric. L’Abbaye de Clairvaux, le Corps et l’Âme. Paris : Glénat, 2015. 48 p. ISBN 978-2-344-00306-0

 

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