Le règne des Illuminati

Règne des Illuminati, LeQuatrième de couv’ :

Les Illuminati …
Ils vous surveillent depuis des siècles.
Désormais, ils vont vous contrôler.

Antoine Marcas, flic franc-maçon, affronte une organisation secrète qui se revendique des Illuminati, ce groupe occulte qui enflamme les imaginations depuis sa disparition mystérieuse au XVIIIe siècle.

De Paris à San Francisco, Marcas remonte la piste d’une conspiration qui prend ses racines dans la Révolution française et traverse les siècles jusqu au cœur de la Silicon Valley. Il devra déjouer les pièges du conspirationnisme ambiant pour retrouver le secret des Illuminati. Un secret aux frontières de la science…

Du règne de la Terreur de Robespierre et Saint-Just à l’assassinat du président Kennedy, des loges maçonniques de la Révolution au Bohemian Club américain, apprêtez-vous à plonger dans les arcanes de l’histoire secrète des États-Unis …

Avis :

Tout d’abord, je dois vous dire que j’ai pris mon temps pour lire la cuvée Marcas 2014. Après deux ans d’absence, il aurait été bête de le finir en deux jours, donc j’ai pris mon temps pour le lire.

Pour la question de la couverture, je vous ai déjà donné mon avis en vous disant que les auteurs ou Fleuve éditions ont voulu rompre avec les modèles précédents. Un aspect minimaliste mais avec un effet maximal entre le rouge, le noir et cet œil de la providence qui vous appelle.  Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour ne pas enfermer le lecteur dans sa routine ?

Et alors ce Marcas 2014 est-il différent des autres ? Il est différent par son histoire, ce qui semble normal et les auteurs ont gardé leur méthode gagnante en passant d’une époque à une autre et surtout, le Marcas le plus abouti dans l’intrigue et la complexité des personnages. Bien évidemment, je suis fan, mais lorsqu’on retrouve un Marcas de retour de son séjour africain, désabusé du genre humain, on se dit :  » Comment va-t-il revenir aux affaires ? » Pas d’abus de pouvoir, spectateur d’une manifestation de deux groupes extrémistes religieux, devant le siège d’une obédience et selon Jacques Ravenne, c’est une situation vécue. Pierre, son fils qu’il n’a pas vu grandir, surtout quand il le retrouve au lit avec sa copine. Et puis, il y a le souvenir d’une femme perdue deux ans auparavant. D’ailleurs le souvenir de Gabrielle est plus insistant que celui d’Aurélia de Crécy-Valois dans « La croix des Assassins ». Lorsqu’on a passé ces divers passages, on se dit : « Marcas n’est plus le fringuant quadra, mais un quinqua en mal avec la société ».

Il faudra attendre l’apport d’une nouvelle affaire par la juge Hélène Gardane pour retrouver le Marcas que tout le monde connaît. Titillé par le mystère qui lui est proposé. Il prêt à en découdre avec une société secrète qu’on pensait disparue. Les auteurs retrouvent le Marcas que l’on connaît à partir de ce moment-là. La confrontation avec le mystère, la symbologie, son côté « bipolaire » qui revient à l’occasion et surtout son voyage aux États-Unis qui lui permet d’être lui-même

Au cours de la lecture, je me rends compte que le personnage de la partie historique, Annibal Ferragus apporte une plus-value à l’histoire et pour même être précis, j’ai vu en lui, le visage de Marcas que je me fais généralement. Un flic franc-maçon en plein règne de la Terreur, voilà de quoi exciter la curiosité. De plus, Ferragus résout le meurtre dans la partie historique. Cela peut paraître anodin mais il faut le souligner, car c’est la première fois que cela se passe. Le personnage est intéressant et apporte une vraie dimension à l’ouvrage. J’aime à croire que le personnage aura son spin-off littéraire.

Un des éléments clés de cette nouvelle aventure, c’est l’apport féminin. Trois personnages sont mis en avant. Il y a tout d’abord la juge Hélène Gardane. Au début, on voit en elle, la « Marcas Girl » qui va se faire dézinguer à la fin de l’histoire et en fait, c’est tout faux ! Bien que le personnage disparaît assez rapidement, c’est elle qui offre à Marcas, une enquête très étrange.

En second, nous avons la vraie Marcas Girl, Bela Kellerman, nièce d’Adam Kellerman, président de la fondation qui porte son nom et du groupe Heidelberg. Bela Kellerman a une autre casquette, elle est la célèbre Lady B, un croisement entre Lady Gaga et Beyoncé et comme ces célèbres chanteuses, elle use et abuse du symbole du triangle. Fantasme, quand tu nous tiens !

Et en troisième position, il y a le personnage de Justine qu’on retrouve dans la période historique. Prostituée de luxe, sibylle à l’occasion et femme d’action qui écoute son courage, au risque d’y perdre la tête, ce personnage est sûrement le plus troublant et on comprend pourquoi ce cher Ferragus en tombe éperdument amoureux. Un personnage qu’il faut absolument découvrir.

On revisite les affaires des abbés Barruel et Lefranc, en faisant un crochet par Léo Taxil, une partie de l’histoire des États-Unis qui pose toujours des questions sur l’assassinat du président Kennedy, l’étrange association, Bohemian Club, qui a réuni les plus grands républicains à tendance conservatrice comme Ronald Reagan, les Bush père et fils, … Plus un semblant de groupe Bilderberg et on mélange le tout avec une découverte scientifique qui vous pousse à la réflexion surtout lorsqu’on referme le  roman et qu’on regarde son smartphone ou sa tablette, on se dit : « Et si tout ça était vrai ? » C’est la force de persuasion des auteurs à nous offrir une histoire de cette qualité.

Finalement que retenir du roman ? Les deux ans d’absence ont permis d’avoir un Marcas qui nous montre son côté obscur. Le flic franc-maçon et fier de l’être qui flirte à l’occasion avec le légal, franchi la limite à plusieurs occasions. Est-ce son « côté bipolaire » ? Cette part du personnage n’est pas sans déplaire. Si l’enquête contemporaine est excellente, l’autre bonne note, va à Annibal Ferragus. L’enquête au cœur de la Terreur est tout simplement époustouflante. Par contre, si un duo Marcas-Ferragus devait voir le jour, comment faire travailler les deux personnages de front ? Marcas pourrait continuer de son côté, tout en restant lui-même et de l’autre côté, le spin-off autour de Ferragus. Selon moi, l »idée est à explorer et à exploiter.

En tout cas, vivement 2015 !

Biblio :

GIACOMETTI, Éric. RAVENNE, Jacques. Le règne des Illuminati. Paris : Fleuve Noir, 2014. 552 p. ISBN 978-2-26509-370-6

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