Étiquettes

, , , , , , , ,

Être frère, rester pèreQuatrième de couv’ :

Pascal Vésin, curé d’une des paroisses de Megève, a été démis de ces fonctions de prêtre en mai 2013 par sa hiérarchie, du jour au lendemain. La raison? Son refus de quitter le Grand Orient de France, loge maçonnique dont il est membre depuis treize ans. Une première dans l’histoire de l’Église! Prêtre progressiste (il est pour l’ordination des laïcs mariés, prône un rôle accru des femmes et des laïcs dans l’Église, etc.), le père Pascal a toujours souhaité défendre sa liberté de penser et de conscience : pour lui, il n’y a pas d’incompatibilité entre les principes de la foi et de la franc-maçonnerie, il croit en la recherche spirituelle des athées.

Dans ce témoignage exclusif, il revient sur sa dénonciation par lettre anonyme, sur la sanction immédiate (dite « médicinale »!) qui en a découlé – un vrai choc pour lui et ses paroissiens qui l’ont vu partir du jour au lendemain –, sur son pèlerinage à pied jusqu’à Rome où il espérait pouvoir plaider sa cause auprès du pape François – un échec –, mais aussi sur l’histoire et la réalité de ce qu’est aujourd’hui la franc-maçonnerie, et sur la nécessaire évolution des mentalités au sein de l’Église comme de la franc-maçonnerie, un combat qu’il entend mener jusqu’au bout !

Avis :

Prête ou franc-maçon : Pourquoi choisir ? Dès la première de couverture, le débat est lancé et la confrontation entre l’Église et la Franc-maçonnerie n’est pas nouvelle. Avant de me plonger dans ce témoignage, j’ai lu quelques avis et les défenseurs de la foi catholique défendent avec férocité leurs valeurs et bouffent du franc-maçon à tous les repas.

Ordonné prêtre en 1996, Pascal Vésin fait son entrée au Grand Orient de France en 2001. Dénoncé, puis démis de ses fonctions en mai 2013, il a senti le besoin d’écrire ce livre et nous livrer sa vision des choses. Pour reprendre l’un des propos de l’auteur, « être prêtre et franc-maçon, c’est pire que d’être pédophile ou nazi ».

Mon pêché ? Grave, très grave. Gravissime, mortel.

Je suis franc-maçon.

Dès les premières pages, le ton est donné ! Maniant son témoignage entre humour, ironie douce amère et les points de vue de son engagement religieux et philosophique, par rapport à la vie de Monsieur « Tout-le-monde », mais également la colère de son « renvoi » ou plus judicieusement de son excommunication.

L’auteur nous montre que son besoin de spiritualité et son appartenance à l’Église et à la Franc-maçonnerie sont intimement liés et qu’il ne pouvait pas faire autrement pour se sentir lui-même. Les deux institutions complètent son besoin et, il termine son livre par cette phrase : « Chrétien je suis, chrétien je reste. Franc-maçon je suis, franc-maçon je reste. Homme libre, donc« .

Note personnelle : Pour ma part, je pense que les représentants de l’Église ont jugé trop vite l’affaire. Comme l’auteur le dit, il semble que l’affaire soit moins grave si l’ecclésiastique était pédophile ou nazi, alors qu’il s’agit de comportements beaucoup plus grave. Et ce qui est encore plus grave, c’est que sous le pontificat de Jean-Paul II, il y avait une forme de détente concernant les francs-maçons, alors que sous celui de Benoît XVI, la relation s’est de nouveau tendue. Par contre, je trouve que depuis que François essaie de renouer les dits-liens.

Du jour au lendemain, Pascal Vésin a été excommunié, lui qui trouvait un équilibre entre 2 univers et je trouve que son témoignage reste un beau pied de nez pour l’ex-prêtre qui a voulu ouvrir les portes de l’Église au plus grand nombre.

VÉSIN, Pascal. Être frère, rester père. Paris : Presses de la Renaissance, 2014. 219 p. ISBN 978-2-7509-0867-6

Publicités