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Jazz suprêmeQuatrième de couv’ :

S’il y a du spirituel dans l’art, il prend une place toute particulière dans la musique quand elle exprime l’esprit d’une communauté. Le jazz, depuis ses origines, est nourri au plus profond de cette spiritualité et témoigne de cette « urgence créatrice » dont parle John Coltrane. Mais comment se formule-t-elle et à quel arrière-plan renvoie-t-elle ? C’est toute la recherche de Raphaël Imbert, qui s’attache à révéler cette présence du « religieux sans les dogmes ».

Avis :

Pour vous mettre dans l’ambiance de ce livre, je vous recommande vivement de sortir vos vinyles de Duke Ellington, de Louis Armstrong, de John Coltrane ou de Sydney Bechet pour vous plonger dans ce documentaire signé par Raphaël Imbert.

Tout d’abord, un petit mot sur l’auteur. Raphaël Imbert est né à Thiais (Val de Marne) en 1974 et est saxophoniste français, directeur artistique de la compagnie « Nine Spirit« . Il a enregistré en 2008 l’album « Bach Coltrane » chez ZZT et en 2012 « Heavens – Amadeus & The Duke » chez Jazz Village/Harmonia Mundi. Il a été Lauréat de la Villa Médicis hors les Murs en 2004. L’ouvrage qui paraît aujourd’hui est le fruit de dix années de recherches sur les arrières-plans spirituels du jazz et des implications de la franc-maçonnerie noire américaine dans cette musique.

Mais alors pour feuilleter, pour lire ce livre, faut-il un vrai passionné de jazz ou un mélomane de tous les jours ? À vrai dire, je pense qu’on peut être les deux à la fois. Les plus chevronnés d’entre-nous ne seront pas surpris de redécouvrir cette musique née à la Nouvelle-Orléans et les mélomanes découvriront une musique riche qui ne peut laisser insensible. Le travail de l’auteur est une étude documentée à merveille, offrant un point de vue à la fois historique, sociologique et spirituel.

La première partie de cet ouvrage est consacré à l’afrologie et à l’eurologie. Pour la petite information et vous l’aviez sûrement deviné, l’afrologie est un courant de pensée et de réflexion rassemblant plusieurs artistes, auteurs, acteurs autour de la question du développement socio-économique de l’Afrique. En opposition, l’auteur traite de l’eurologie et met en évidence le côté bien pensant des « blancs ».

La seconde partie parle des musiciens afro-américains, de leurs relations avec la franc-maçonnerie.  On oublie souvent que des jazzmen comme Duke Ellington, Louis Armstrong, Nat King Cole et … sont des initiés. Je crois en fait que le jazz est une musique d’initiés. Elle ne s’acquière pas toute seule. Elle se mérite, elle se travaille, elle se vit et … mais pour cette partie, je dois vous laisser découvrir l’ouvrage.

La troisième et dernière partie est consacrée à John Coltrane. Je vous l’avoue tout de suite, il faut déjà avoir une bonne connaissance de l’œuvre de ce jazzman, surtout quand l’auteur analyse les huit versions de « My favorite thing ». C’est peut-être la partie qui demande le plus de lecture.

En fait, ce documentaire est une véritable découverte et on imagine au cours de la lecture un club de jazz où la fumée des cigares et/ou des cigarettes, la sueur ruisselante des musiciens, les verres de whisky s’amoncelant sur les tables et finalement la communion qu’il existe entre ce genre musical et les mélomanes qui sont plongés.

IMBERT, Raphaël. Jazz suprême : Initiés, mystiques et prophètes. Paris : éd. L’Éclat, 2014. 320 p. (Philosophie imaginaire).  ISBN 978-2-84162-344-0

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