Étiquettes

, , , , , , , , , , , , , ,

QuatrièmeDouze enfants de Paris, Les de couv’ :

23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler dans les rues de Paris.

Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la retrouver et la sauver d’un funeste destin.

Avis :

Voici le grand retour de Tim Willocks ! Après l’excellent roman « La religion« , l’auteur remet en scène son personnage, le chevalier de Malte Mattias Tannhauser.

L’intrigue est de très bonne qualité, mettant en scène le massacre de la Saint-Barthélémy. Il s’agit d’un événement à part entière dans les guerres des religions. Un mélange complexe entre la religion et la politique voulu par le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis. La folie meurtrière des gens à tuer leurs semblables et l’impuissance ou l’inconscience du roi à contrôler la population, le tout donne une vision de l’enfer terrestre. Une vision où le sang coule dans les rues de Paris et va se déverser dans la Seine.

Le massacre des protestants a de quoi remettre en cause les névroses du chevalier. L’auteur nous montre les tourments de son personnage. On retrouve également l’aspect boucherie qui a fait le succès du premier roman. Les scènes de carnage sont détaillées avec force et si on est du genre émotif, il faut peut-être s’accrocher à moins qu’on aime se faire peur. Si le roman peut se lire ainsi, je vous recommande toutefois de lire le premier opus. Il vous décrira à merveille les traits de caractère de son héros, son histoire, ses névroses et ses tourments. Le jeu psychologique est aussi important que le nombre de litres d’hémoglobine que Mattias aime faire couler.

Dans ce pavé de 937 pages, qui fait la part belle à l’action, on notera une certaine note d’humanité à travers les différents rôles féminins. Ainsi on retrouve avec plaisir le personnage de Carla, la femme de Mattias qui joue le rôle d’une mère courage, mais l’ouvrage est parsemé de nombreux personnages féminins. Les femmes balisent le roman et permettent de « souffler » au cours de la lecture. On appréciera le travail documentaire de l’auteur. La retranscription du Paris de la Renaissance, le soin qui est apporté aux détails, le très grand nombre de références qui font que ce roman soit exceptionnel. Il est presque dommage qu’il soit trop rapide malgré son nombre de pages.

WILLOCKS, Tim. Les douze enfants de Paris. Paris : éd. Sonatine, 2014. 936 p. ISBN 978-2-35584-225-2

Advertisements