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NoéSynopsis :

Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Adaptation de l’histoire de l’Arche de Noé, tirée de l’Ancien Testament. Dans un monde rongé par le pêché des hommes, Noé se voit confier une mission divine : construire une arche pour sauver l’humanité du déluge.

Avis :

Avec les vacances de Pâques, j’en ai profité pour aller voir  Noé, le péplum biblique made in Hollywood. Darren Aronosky, réalisateur de « Black Swan » dirige dans ce film l’acteur néo-zélandais Russell Crowe (Gladiator, Man of Steel), Jennifer Connelly (Blood Diamond, Le jour où la Terre s’arrêta), Emma Watson (saga Harry Potter) et Logan Lerman (saga Percy Jackson)

Avant même que le film ne sort en salle, il a déjà ses détracteurs. le site « EnseigneMoi.com » annonce le film ayant une « origine purement satanique« . L’article descend le film comme étant une offense à Dieu. Le journal « La Croix » dit que le film attire les foudres de chrétiens et musulmans. Donc raison de plus d’aller le voir et de se faire sa propre idée.

Alors comment ça marche ? Le film a une force de destruction de 99,99% et grâce à un rêve prémonitoire ou un message de Dieu concernant un déluge imminent sur toute la Terre, Noé se lance dans le plus grand défi de toute sa vie. En échange, Dieu le laissera vivre ainsi que sa famille et chaque couple d’animaux de chaque espèce. Alors comment survivre au déluge ?  Tout simplement en construisant une arche assez grande pour accueillir les quelques rescapés. Le chantier de l’arche attise les convoitises et certains humains veulent faire partie du voyage, sans compter que le ciel prend une tournure critique. Bataille épique et condition climatique incertaine, voilà le menu d’une partie du film.

Bizarrement, l’adaptation de ce fait biblique est relativement inédite et pourtant le cinéma américain des années 50 et 60 a  adapté de très grands péplums comme « Les Dix commandements », « Ben-Hur » ou encore « Quo Vadis », des films grands spectacles, réalisés sans les moyens actuels. Il y a fallu 15 ans au réalisateur new-yorkais pour amener son projet jusqu’au bout. Et même s’il prend quelques libertés pour son adaptation, il reste fidèle aux faits repris dans l’Ancien Testament. Tout comme pour « Black Swan », son travail est minutieux, audacieux et manie avec une certaine habilité les moyens du blockbuster traditionnel.

Il ne faut pas s’étonner de voir tous les groupes religieux descendre le film et de rappeler qu’eux seuls détiennent la « Vérité ». Si je repense à mes souvenirs d’enfant et à l’époque où je suivais les cours de religion, on présentait tout d’abord Noé comme un homme extrêmement bon et d’une très grande sagesse. Ensuite, on nous présentait également Dieu comme une entité étant capable de détruire le monde d’un simple souffle. J’ai toujours ces vagues souvenirs d’un dieu destructeur dans l’Ancien Testament plutôt que d’un dieu d’amour dans le Nouveau Testament.

Je crois que ce qui énerve ces groupes, ce sont les points de vue de Noé et de Tubal-Caïn (Ray Winstone). Le concept d’humanité est remis en cause car il confronte deux points de vue. Noé est éclairé par le message du Tout-puissant, ce qui finira par l’aveugler, au risque de perdre sa famille. Tubal-Caïn est un homme avec une certaine rationalité qui dans un autre contexte serait considéré comme humaniste, car il veut récupérer l’arche pour sauver l’humanité, bien que celle-ci soit corrompue. Les deux attitudes sont justifiables mais elles affichent un certain degré d’horreur entre les protagonistes, sachant qu’ils sont prêts à tuer pour défendre leur but.

À la fin, une colombe porteuse d’un rameau annonce la proximité d’un nouveau monde de « paix ». Beau symbole qui n’a rien de candide au vu du prix à payer, illustré précédemment par des images d’apocalypse d’une noirceur fascinante.

Pour conclure avec ce péplum, on retiendra une grosse performance de Russell Crowe dans le rôle de Noé, une Jennifer Connelly qui relance sa carrière en mère-courage. Petite crainte pour Emma Watson, le virage semblait difficile à négocier depuis qu’elle a quitté Poudlard, mais au final, elle s’en sort plus que bien. Un petit bravo à Logan Lerman qui nous sort un vrai rôle à l’inverse de la médiocre adaptation de Percy Jackson. Le spectacle est total et le mieux à faire, c’est de le regarder sans prise de tête.

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