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AlbinMichel-Sepia

David Emton est l’auteur du roman « Le Secret de Dieu » publié chez Albin Michel. L’auteur sort en juin prochain « Le dernier déluge » (Attention spoiler à la fin) et il s’est prêté au jeu des questions-réponses de la chronique « Paroles d’auteur ».  Une interview riche, un auteur passionnant et passionné, un vrai moment de plaisir !

1. Comment est né « Le Secret de Dieu » ?

D’années de lectures, de voyages, de reportages… et de questions. Pourquoi Jérusalem, la ville « trois fois sainte », n’a-t-elle jamais cessé de susciter la discorde entre les peuples ? Pourquoi les religieux comme les athées sont-ils aimantés par elle ? Et puis – attention : spoiler ! – pourquoi personne ne s’est jamais demandé où Lucifer, chassé du la Cour Céleste, était tombé sur terre ? Pour l’anecdote, un soir où j’évoquais, à Jérusalem même, avec un ami reporter le curieux destin de la capitale des Hébreux, il s’est tourné vers moi et m’a dit : « Quel roman ça ferait ! »

2. Comment travaillez-vous sur un roman ?

Une bonne histoire, selon moi, c’est un sujet fascinant et un dénouement époustouflant. Voilà la première étape à compléter. Viennent ensuite les personnages, les lieux, et les « pépites » – comme, par exemple dans Le Secret, l’hôpital psychiatrique de Kfar Shaul qui soigne le « syndrome de Jérusalem », ou encore le dévoilement de la véritable signification du mot « Amen » que Juifs, chrétiens et musulmans utilisent sans en connaître l’inquiétante origine… Puis la troisième étape, la construction, l’architecture des chapitres : la cohérence, le rythme, l’addiction, tout se joue là. Enfin, l’écriture, travail alchimique qui doit transformer la technique en plaisir.

3. Certains auteurs ont un héros récurrent (ex. : Antoine Marcas du duo Giacometti-Ravenne ou Robert Langdon de Dan Brown), pensez-vous faire de même un jour ?

C’est possible. Mais alors ce ne sera pas le héros de thrillers. Plutôt le personnage d’une série, le petit-fils de Hercule Poirot ou le lointain neveu de Columbo… Le projet reste à préciser. Mais s’il doit voir le jour, j’ai déjà son nom, ses origines, son caractère. Et son secret.

4. Votre premier roman est un succès des librairies et des bibliothèques publiques, quel est votre sentiment sur ce succès ?

Aucun. J’ai écrit Le Secret pour mon premier-né et Le Dernier Déluge, qui sort au printemps 2014, pour son petit frère. La multiplication des réimpressions est une nouvelle satisfaisante dans la mesure où elle permet de publier à nouveau – et de réfléchir à d’autres projets, audiovisuels notamment.

5. En parlant de bibliothèque publique, quel est votre meilleur souvenir ?

Je n’ai jamais réussi à lire ou à travailler en bibliothèque : je n’arrive pas à faire abstraction des autres. C’est peut-être un excès de sensibilité, ou de curiosité… Mais en revanche j’ai toujours aimé discuter avec les bibliothécaires : ce sont des passionnés. Et une mine de renseignements ! Il faudrait du reste un jour demander à des écrivains de faire un recueil où ils raconteraient ce qu’ils doivent aux bibliothécaires : les lectures, les « pistes », les idées…

6. Avez-vous un mot à dire de votre prochain roman « Le Dernier Déluge » ?

L’action se déroule dans un Paris disloqué par la crue du millénaire. Mais ce déluge d’eau n’est rien comparé à un autre déluge, d’une autre nature. Et l’héroïne de ce thriller devra trancher un effroyable dilemme : pour sauver l’humanité sera-t-elle prête à tuer son enfant ?

Entretien réalisé en février 2014

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