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12 years a slaveSynopsis :

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie …

Avis :

J’ai eu la chance d’aller voir en avant-première l’adaptation du roman de Solomon Northup, « 12 Years a Slave » par le réalisateur britannique, Steve McQueen. Ce cinéaste a déjà réalisé les excellents « Hunger » et « Shame » avec Michael Fassbender, acteur qu’on retrouve dans le film que je vous présente.

Il n’est pas nouveau que de l’autre côté de l’Atlantique, la question de l’esclavage reste toujours très délicate et à chaque fois, que le cinéma s’est penché sur le cas, cela s’est soldé par des films où le sentimentalisme l’emportait sur l’intrigue. En 2013, Quentin Tarantino avait réussi d’une manière jouissive à revisiter ce pan de l’histoire américaine avec Django Unchained. En 2014, c’est autour du réalisateur britannique, Steve McQueen d’adapter ce roman perdu.

Ce n’est pas évident d’adapter une œuvre de ce genre. Les précédents films abandonnent les émotions pour une mise en scène puissante, transformant un film populaire. Steve McQueen propose une mise en scène « classique », dans le bon sens du terme, il tire toute sa force dans l’image, plus que dans le texte. Il se permet une vision cinématographique que l’on voit très peu dans le cinéma américain.

Jouant sur les longueurs ou les gros plans du personnage principal, on ressent de l’émotion et celle-ci ne passe pas par les larmes ou les sentiments, mais par la souffrance physique qu’en tant que spectateur, on ressent au fond de soi. Ainsi en sortant de la salle, j’ai remarqué à la sortie de la salle,que les gens qui étaient avec moi dans la salle, devaient se remémorer la scène où Solomon est resté pendu plusieurs heures.

Chiwetel Ejiofor nous livre une performance stupéfiante, en jouant le rôle d’un homme affranchi, devenu esclave malgré lui. Une destinée à la trajectoire étonnante, car ce n’est pas facile d’aborder quand on est spectateur, car le personnage exprime peu ses émotions et ainsi, on évite de tomber dans le sentimentalisme bas de gamme que le cinéma américain peut nous servir. Solomon Northup se veut être un homme qui se définit par son action, sa volonté et surtout par son désir de liberté. Comme il a été dit un peu plus haut, le réalisateur aime l’image plus que le texte et quand on voit l’homme se faire détruire physiquement et moralement, on se dit que ce film marquera les esprits.

Au final, le film a le mérite d’être intelligent et évite de tomber dans le mélodramatique. Il nous offre une vision honnête de l’histoire américaine, même si je pense que cela doit être une version édulcorée de la réalité. Ce film nous offre le parcours d’un homme libre qui fera tout pour la retrouver. « 12 Years a Slave » est certainement un concurrent très sérieux aux Oscars avec 9 nominations dont celui de meilleur film et de meilleur acteur.

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