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Sept vies du marquis, LesQuatrième de  couv’ :

Le 2 juin 1740, Monsieur Sade, père, quitte le lit de sa maîtresse pour aller faire la connaissance de son fils.

Quatre ans plus tard, Donation grandit au milieu des dettes, des calomnies, des adultères, seuls cadeaux que son père ait laissés à sa mère.

Que deviendra Sade, adulte, marié contre son gré à une femme qu’il n’aime pas afin d’éponger les dettes de sa famille ? Qui connaît vraiment la véritable histoire de cet écrivain à la réputation sulfureuse ?

Un seul homme : José Fouché.

Fasciné par l’auteur des 120 journées de Sodome, le ministre de la Police ne cesse de traquer ses moindres faits et gestes. Après la mort de Donatien, Fouché va révéler toute la vérité sur les sept vies du marquis : Libertin à scandale sous Louis XV, prisonnier rebelle sous Louis XVI, politique redouté sous la Révolution, écrivain à succès sous le Directoire, réputé fou sous l’Empire, Sade a été aussi et surtout un grand amoureux et follement aimé en retour.

Quant à sa septième vie, vous la découvrirez dans ce roman …

Avis :

Voici le premier grand frisson de l’année, mais ce n’est pas étonnant lorsqu’on s’attend à lire une œuvre sur le Marquis de Sade. Une lecture exaltante, enivrante, un plaisir que Jacques Ravenne a mis en scène. Nous découvrons le mystérieux marquis sous un autre jour. Sade, comme beaucoup d’autres personnages fait parti de ces personnalités qu’on pense connaître, mais en fait sous l’homme « publique », nous découvrons un être aux multiples facettes. Un homme qui s’éveille au romantisme et au plaisir de la chaire, mais qui peut se montrer violent car emprisonné de son enfance troublée.

Le tour de force de Jacques Ravenne est de nous montrer d’une façon romancée comment Donatien Alphonse François de Sade en est arrivé là. On pourrait donner une réponse en citant ses 7 vies, mais cela serait trop simple, pas assez « sadique » … Sade ne serait rien sans les femmes, même si celui-ci passe du simple libertinage à des sévices beaucoup plus osés, tout en soumettant les femmes à ses moindres désirs. Douleur et plaisir, le divin marquis ne laisse pas à insensible, son pouvoir séduction et de persuasion, influe sur les esprits les plus faibles. Son « pouvoir » attirera l’attention de la police et cette dernière sera toujours très active et déterminée  à mettre fin les agissement du marquis.

Malgré tous les déboires avec la justice et son séjour en prison, Sade est un être stupéfiant avec de multiples ressources. Jacques Ravenne nous montre six des sept vies de cet homme fascinant à la vie dissolue, mais alors sa septième vie qu’en est-elle ? Et là, on retrouve Sade dans un rôle où on ne l’attendait pas, celui de participant à l’effondrement de la royauté. Une activité qu’il a exercé jusqu’à sa mort.

Quand on connaît le style de Jacques Ravenne, on se rend compte que celui-ci nous présente un marquis « humain » où il l’excuse presque d’avoir été ce qu’il a été, mais après tout si Sade n’était pas celui que nous connaissons, le roman n’aurait que très peu d’intérêt. En se mettant à la place du personnage, on cherche à comprendre les situations qu’il a vécu, même si on se dit que sa vie a été conditionnée.

Ce roman nous permet de découvrir voire redécouvrir une partie notre histoire à partir d’un récit cru et relevé, à la tournure intelligente, ce qui n’est pas étonnant quand on connaît l’auteur, ce qui fait l’un des grands frissons de l’année. Le lecteur lambda prendra plaisir à découvrir l’intimité d’un personnage hors du commun qui a donné ses lettres de noblesse à la littérature érotique. Bien plus qu’un page turner, cette biographie fictionnelle vous accroche de la première à la dernière page et si la franc-maçonnerie n’est pas le sujet principal, on notera l’un ou l’autre petit clin d’œil comme au début, lorsqu’on parle de l’enfance de Donatien lorsqu’il se réfugie sans sa cachette, où l’entrée de celle-ci est faite de 2 colonnes de livres, l’une de Voltaire et l’autre de Montesquieu. Faut-il rappeler que les deux étaient initiés ? Et que ce cher Montesquieu l’a été en même temps que Jean-Baptiste de Sade, père du marquis ?

Au final le style Ravenne est là et bien là, le lecteur trouvera des annexes qui lui seront très utile pour continuer son initiation « sadienne ». C’est sans aucun doute que « Les sept vies du marquis » trouvera sa place dans un grand nombre de bibliothèques.

RAVENNE, Jacques. Les sept vies du marquis. Paris : Fleuve Éditions, 2014. 491 p. ISBN 978-2-265-08706-4

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