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Damné, t2 le fardeau de LuciferQuatrième de couv’ :

On retrouve notre héros, Gondemar de Rossal qui a maintenant découvert la Vérité et s’en trouve ébranlé. Cette révélation lui a été faite à Montségur par l’Ordre des Neuf, ordre qu’il devra bientôt diriger. À ce titre, il prend connaissance d’instructions laissées à l’intention des détenteurs de ce poste. Il y apprend qu’Hugues de Payns a créé deux Ordres distincts, chacun protégeant sa part de la Vérité et chacun ignorant tout de l’autre. Une seule personne connaît les deux emplacements : le Cancellarius Maximus, seul juge du moment où la Vérité sera regroupée et révélée au monde. Le temps venu, celui qui sera chargé de regrouper les deux parties deviendra le Lucifer, porteur de Lumière Dans ce deuxième tome, notre héros se rend à Toulouse. Il y fait la connaissance du comte Raymond Roger de Foix, frère de dame Esclarmonde, et de son fils Roger Bernard II. Il y rencontre aussi Cécile de Foix, auprès de laquelle il trouve l’amour et la tendresse auxquels le damné en sursis qu’il est n’a jamais eu droit.

Avis :

Si vous avez l’habitude de suivre les péripéties de ce blog, vous avez déjà remarqué que j’ai traité de l’œuvre de cet auteur québecois, Hervé Gagnon. Ici, je viens de terminer le second tome de Damné et si je devais résumer en seul mot, ça serait époustouflant. Hervé Gagnon est sans conteste l’un des meilleurs auteurs que j’ai découvert ces dernières semaines. Je ne vais pas revenir sur son style, sur son sens du détail, de la mise en scène et … Cela n’est pas superflu, c’est hautement mérité.

Mais alors où se cache le tour de force de l’auteur ? La force de l’auteur réside selon moi dans l’attachement des personnages. Les personnages ont une réelle dimension. Certes, on peut retrouver des personnages très détaillés ou des scènes qui vous font quitter votre fauteuil, sans pour autant être transporté. Avec Gondemar, Pernelle ou Bertrand, on ne reste pas que le spectateur d’une histoire. On vit l’histoire, même quand le héros reste emprisonné dans un château.

Le début du second tome nous rappelle les évènements du précédent, mais il n’en faut pas de plus pour se replonger dans l’ambiance et retrouver le rythme qui tient en haleine. Mais maintenant que nous savons ce qu’est la Vérité, le héros se doit la protéger au péril de sa vie et de mener sa quête pour sauver son âme. En parlant de sa chair et et de son âme de Gondemar seront mises à rude épreuve avec des scènes de torture qui ne peuvent laisser indifférent … Attention âmes sensibles !

Lorsqu’il pense avoir trouvé un certain équilibre au sein de l’Ordre de IX, Gondemar sera obligé de prendre des décisions et en subir les conséquences. Le Fardeau de Lucifer est bien plus qu’un roman de transition dans cette épopée ésotérique qui mènera le héros à Toulouse pour lutter contre le fou de Monfort.Comme dans toute quête, le héros va vaciller, apprendre davantage sur la Vérité et découvrir l’étrange Cancelarius Maximus.

Dans ce second tome, l’action principale se situe entre Montségur et Toulouse, là où Gondemar devra se partager entre deux missions, l’une pour l’Ordre des IX et l’autre défendre la cause des Cathares et bien évidemment, le petit bonus de l’histoire, se débarrasser de Montfort. Ce dernier, c’est justement le méchant qu’on aime détester. Un être ignoble, vile qui prend énormément de plaisir à tuer son prochain. En restant dans les personnages, il faut noter le rôle et le caractère de Cécile de Foix. Cette femme avec un air si doux, si inoffensif, à qui on donnerait le Bon Dieu en confession, se cache une femme au caractère bien trempé qui n’a peur de rien, ni de personne, sauf de perdre l’homme qu’elle aime …

Le tour de force ne s’arrête pas là, il y a l’évolution du personnage. On ne peut pas en baver comme cela sans évoluer et si ce n’était pas le cas, il n’y aurait plus vraiment d’intérêt à lire la suite. Je pense que l’auteur a bien compris qu’il fallait maîtriser ce genre de détails. Bien que les fidèles compagnons de Gondemar soient du voyage, le héros prend en maturité. Vous le constaterez vous même qu’il n’est plus le même à la fin de ce tome. Le personnage s’affine et s’impose au fur et à mesure, ce qui prouve qu’il est le seul à sauver la Vérité.

On comprend mieux que Gerbaut de Gant, le prédicateur avait raison en posant ses yeux sur notre héros. Pour le reste, bonne lecture !

GAGNON, Hervé. Le Fardeau de Lucifer. Paris : Pocket, 2013. 426 p. (Damné ; 2) ISBN 978-2-7556-1127-4

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