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Quatrième de couv’ : Voyages en Egypte et en Nubie

Le 1er août 1817, à Abou-Simbel, en libérant des sables la porte monumentale du plus beau temple d’Égypte édifié il y a trente-trois siècles par Ramsès II, Belzoni révèle au monde l’une des plus bouleversantes merveilles de l’art de tous les temps. La même année, les 18 et 19 octobre, il fait une découverte non moins sensationnelle à Biban et Molouk en mettant au jour la tombe de Séthi Ier, père de Ramsès II.

Enfin, en février-mars 1818, il retrouve la véritable entrée de la seconde pyramide de Guizeh par laquelle il pénètre jusqu’à la chambre funéraire de Khephren, fils et successeur de Khéops. Belzoni raconte lui-même ses prodigieuses découvertes dans le présent ouvrage, considéré par le célèbre découvreur de la tombe de Toutankhamon, Howard Carter, comme « l’un des livres les plus fascinants de toute la littérature concernant l’Egypte ».

Avis :

Dans la grande série des lectures estivales, il en est une de celles qui vous tiennent particulièrement à cœur et pour moi, c’est surtout l’occasion de revenir à mes premiers amours. Bien qu’en ayant déjà lu cet ouvrage dans un cadre officiel et connaissant bien le personnage, dont je vais vous parler, je me suis dit que de le lire de nouveau ne pouvait être qu’un menu plaisir et puis, c’est également un plaisir pour moi de vous présenter l’un des personnages historiques que je préfère le plus.

Le 19ème siècle marque un renouveau de l’art égyptien chez les Européens. Les grands explorateurs parcourent le pays de Kemet et le Merveilleux Géant de Padoue est l’un de ses Grands Explorateurs. Rien ne prédestinait Giovanni Battista Belzoni a devenir l’un des pères de l’Egyptologie moderne, car celui qui était moine, puis artiste de foire à Londres, ne pensait pas mettre un jour les pieds en Egypte.

Accompagné de sa femme Sarah et de son serviteur James Curtain, le trio débarque à Alexandrie le 9 juin 1815. Belzoni met à profit ses savoirs en mécanique hydraulique sans véritable succès. Henri Salt, diplomate anglais et Bernardino Drovetti, diplomate français se font concurrence en matière d’antiquités, chacun revend pour son pays ou pour de riches collectionneurs des pièces inestimables. Salt va charger Belzoni de ramener le buste du « Jeune Memnon » qui se situe au Ramesseum, jusqu’à Thèbes et ensuite de le conduire à Alexandrie. Celui que l’on nomme le « Jeune Memnon » est en fait Ramsès II. Il mettra 12 jours pour ramener ce buste de 7 tonnes.

L’année 1817 est celle de la consécration pour Belzoni. Le 1er août, il libère des sables la porte monumentale du grand temple d’Abou Simbel. Encore une fois, il est sur les traces de Ramsès II. Les 18 et 19 octobre, dans la Vallée des Rois il met à jour les tombes d’Aménophis II, de Mérenptah, de Ramsès Ier, de Aÿ mais surtout celle de Séthi Ier.

Au début de l’année 1818 entre les mois de février et de Mars, il trouve la véritable entrée de la pyramide de Khephren, le fils et successeur du pharaon Kheops. Belzoni va prendre note de toutes ses découvertes et prend conscience de la valeur scientifique. Il ne tardera pas à rentrer en conflit avec Henri Salt qui lui revend les pièces que l’Italien lui envoie. Les Belzoni quitte l’Egypte en septembre 1819. Ils vont d’abord en Italie où Giovanni n’a pas vu sa famille depuis plus de vingt ans.

Le retour à Londres est un triomphe. Les visiteurs sont stupéfaits par les reconstitutions grandeur nature de la tombe de Séthi Ier à l’Egyptian Hall à Piccadilly. L’exposition est un véritable succès.

Aller à la rencontre du récit des voyages de Belzoni, c’est comme prendre un billet pour l’Egypte. Certes, cela demande une certaine connaissance de l’Egypte antique. Le récit se lit presque comme un roman et celui-ci est tellement généreux qu’on s’imagine aux côtés de ce géant de l’égyptologie. Belzoni sublime les paysages de l’Egypte et permet de rendre compte que son travail n’est pas une chasse aux trésors, comme le concevait son adversaire de toujours Bernardino Drovetti. De plus, on ne peut pas rester insensible aux illustrations qui sont au cœur de l’ouvrage. Et puis, il y a toujours la possibilité d’aller à la rencontre des aquarelles et des lithographies de David Roberts qui expriment à merveille les découvertes de l’explorateur italien.

Biblio :

BELZONI, Giovanni. Voyages en Egypte et en Nubie. Paris : Pygmalion, 2009. 332 p. ISBN 978-2-7564-0245-1

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