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QuattrocentoQuatrième de couv’ :

Et si la Renaissance était née d’un livre ? Un livre perdu, connu par fragments, recopié par quelques moines et retrouve par un humaniste fou de manuscrits anciens ? L’idée, audacieuse, vertigineuse, ouvre les portes de l’histoire de Poggio Bracciolini, dit le Pogge, qui découvrit une copie du De renon nanéra de Lucrèce dans un monastère allemand. C’était a l’aube du XVe siècle. Le Pogge n’était pas seulement un bibliophile passionné et un copiste hors pair. II aimait les arts et il avait écrit des facéties grivoises. Il aimait les femmes et était père de dix-neuf enfants. Il n’aimait pas l’Eglise mais il était secrétaire d’un pape diaboliquement intelligent et corrompu.

Ainsi s’ouvre à nous un monde inouï. celui d’une cour papale où s’agitaient agents cupides, moines séducteurs, filous. femmes de petite vertu et humanistes d’exception: un monde a la fois sévère et déprave, contraignant mais libre. En découvrant. copiant et diffusant l’oeuvre de Lucrèce, le Pogge aura levé le voile sur les temps modernes, et influence des esprits aussi puissants que Montaigne ou Machiavel. Car tout, selon Lucrèce, est fait d’atonies en mouvement, qui s’entrechoquent au hasard, se séparent et se rencontrent à nouveau. Telle fut l’intuition géniale du poète latin, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d’athéisme qui allaient bouleverser le Moyen Age finissant. Conteur né, érudit et brillant, Stephen Greenblatt emporte le lecteur au cœur de ce Quattrocento qui fit revivre l’Antiquité pour la porter jusqu’à nous.

Avis :

Quattrocento est un livre qui représente une quête intellectuelle dans la Florence de la Renaissance. Le roman se place entre « Le nom de la rose » d’Umberto Eco et « L’apothicaire » d’Henri Loevenbruck. La première observation qu’on peut faire, c’est au niveau du titre. Le titre original est « The swerve », ce qui veut dire « La déviation » mais il faut croire que ces changements de titre, c’est pro français mais ce n’est qu’un détail.

Que le prix Pulitzer ait été attribué à un ouvrage qui retrace la résurrection par le secrétaire pontifical Le Pogge d’une copie de l’œuvre de Lucrèce « De rerum natura »est très rassurant sur le bon goût des jurés américains. Le livre est en effet excellent, c’est le roman vrai de la philosophie et de la littérature gréco-latines,du travail obscur des moines copistes,et des esprits libres qui mirent au jour dans des conditions parfois rocambolesques les textes de la pensée de l’antiquité,dont le chef-d’oeuvre épicurien en vers de Lucrèce,dont la révélation allait entraîner tant de « déviations »,de Botticelli à Giordano Bruno,de Montaigne à Galilée.

Le livre de Greenblatt est le passionnant récit de l’aventure intellectuelle,et l’auteur excelle à la fois dans la narration et dans la description du tournant qu’a représenté « De la nature des Choses » à des époques diverses.

GREENBLATT, Stephen. Quattrocento. Paris : Flammarion, 2013. 345 p. ISBN 978-2-0812-8457-9

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