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Le PasseurQuatrième de couverture :

Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d’individu n’existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont « élargis ». Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur. Mêlant science-fiction et philosophie, Lois Lowry signe un roman envoûtant d’une incroyable densité. Dans un style très particulier, où les genres cohabitent, cet ouvrage étonnera par la réflexion profonde, intelligente et sensible qu’il nous livre sur nos semblables.

Avis :

Une fois n’est pas coutume, parlons d’un livre de jeunesse. Lois Lowry signe au début des années 90, le premier volume d’une trilogie intitulé Le passeur. Cette trilogie comporte également L’élue (2001) et Messager (2005). Le passeur est généralement conseillé à un public jeune, malgré son approche très poussée sur les limites de la liberté individuelle face au bien-être public.

Ce roman a comme toile de fond, un monde où la pauvreté, le chômage, le divorce n’existent pas. Les inégalités sociales sont absentes. Un monde où la désobéissance et la révolte ne sont que de vagues mots et où l’harmonie règne dans des cellules familiales constituées par le Comité des sages.  Un monde où les personnes âgées, ainsi que les nouveau-nés sont « élargis ». Personne ne sait vraiment ce que cela veut dire.

Il y a une dizaine de règles à respecter dans chaque cellule familiale, comme :

  • Chaque cellule familiale ne peut avoir au maximum que deux enfants
  • La nuit, il est interdit d’aller dehors
  • On ne doit pas mentir
  • Etc.

Dans ce monde à part où les gens sont formatés pour ne plus ressentir d’émotions, nous suivons les aventures de Jonas, un « onze-ans » qui va bientôt devenir un « douze-ans » et obtenir le poste qu’il occupera quand il sera adulte. La cérémonie a lieu en décembre et lorsque Jonas pense avoir été oublié, le Comité des sages lui attribue un poste unique. Devenir le prochain Dépositaire de la mémoire ! C’est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux. Quand l’œil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Un poste au secret bien gardé …

Entre-temps, la famille de Jonas change son statut en accueillant un autre enfant, un petit garçon prénommé Gabriel. Un petit garçon différent par sa couleur de cheveux, par la couleur de ses yeux, un petit garçon qui risque d’être élargi …

Au fil de la lecture,on se rend compte que différentes relations naissent. La relation entre Jonas et le Dépositaire n’est pas sans rappeler une relation avec son maître et son apprenti, un peu comme Star Wars. D’ailleurs, on retrouve un grand nombre de codes dans la relation maître-apprenti. Jonas paraît être l’élu, car il a des capacités supérieures par rapport aux autres enfants de son âge mais je crois que le véritable élu, le vrai dépositaire de la mémoire, c’est Gabriel. Sa différence physique, les liens qui l’unissent avec Jonas, sa libération de ce monde aseptisé, Gabriel est vraiment le dépositaire de la mémoire. Quitter ce monde enfermé pour vivre, pour découvrir la lumière, le monde tel qu’il est. Voilà la vraie mission de Jonas et du Dépositaire.

Un roman riche en symboles qui nous fait penser à d’autres références comme Bienvenue à Gattaca, Star Wars ou Le village.

LOWRY, Lois. Le passeur. Paris : L’école des loisirs, 1993. 288 p. ISBN 978-2-211-02166-1

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