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Antoine Marcas (bannières)1À première vue, nous connaissons le personnage d’Antoine Marcas, mais qui est-il vraiment ? Qui sont les auteurs et comment l’idée est-elle venue ? Et pourquoi est-il phénomène littéraire ? Voilà les questions auxquelles je vais tenter de répondre.

Si vous devez retenir une date, c’est le 17 janvier. Pourquoi me direz-vous ? Antoine Marcas a vu le jour à cette date sous la plume d’Eric Giacometti, journaliste au Parisien et de Jacques Ravenne, romancier et ex-professeur de français.

Amis de longue date, ils se sont rencontrés à l’âge de 16 ans dans une cours de lycée, lorsqu’ils lisaient le même livre, « L’or de Rennes » de Gérard de Sède et c’est à partir de là que leur amitié a débuté. Quelques années plus tard, à la fin des années 90, Eric Giacometti avait enquêté sur les dérives maçonniques sur la Côte d’Azur. Suite à des différents échanges avec son ami de toujours, les 2 compères sont partis de ce début d’idée pour créer un personnage flic et franc-maçon.

Créer un personnage qui est à la fois, flic et franc-maçon, ce n’est pas facile du tout et même en se basant sur le fait qu’un tiers des commissaires de police français soient francs-maçons. De plus, écrire sur la franc-maçonnerie avec un aspect positif est un tout autre défi surtout lorsque les médias parlent à tort et à travers de la maçonnerie moderne. À partir de là, Antoine Marcas était né !

Antoine est un flic qui croit aux valeurs humaines de la franc-maçonnerie et si cela l’aide dans ses enquêtes, il est parfois obligé d’aller aux limites de la maçonnerie.

Le parcours initiatique du lecteur a commencé à l’été 2005 avec « Le Rituel de l’Ombre » et continue aujourd’hui avec « Le temple noir » sorti en 2012, ainsi qu’une adaptation bande dessinée du « Rituel ».

L’un des grands avantages de la saga Marcas est que le lecteur peut commencer par n’importe quel volume et reprendre par la suite ses aventures.  Ayant découvert Antoine Marcas en décembre 2009 avec « Apocalypse », j’ai été agréablement surpris à la fois par le style, le personnage et l’intrigue.  Au moins de juin 2010, lorsque est paru « Lux tenebrae », quelle merveilleuse surprise cela fut ! Moi, l’égyptologue amateur, l’érudit des hiéroglyphes, découvrir ce livre et cette couverture au thème de l’Egypte pharaonique.

En moins de deux semaines, j’ai littéralement dévoré cette aventure et au cours de cet été-là, j’ai acheté les volumes précédents. Et depuis, … Depuis, je suis totalement fan. Alors question, comment peut-on attraper le virus Marcas ? Primo, il y a le style. Un style qui se veut anglo-saxon avec des chapitres courts et percutants qui vous pousse à aller plus loin. Secundo, il y a l’intrigue, l’héritage ésotérique français. Chaque roman est unique et d’un été à l’autre, nous pouvons aller à la recherche du trésor des Templiers ou découvrir les secrets alchimiques de Nicolas Flamel, etcetera, etcetera. Tertio, il y a à la fin de chaque ouvrage, les explications sur ce qui a motivé la trame et on un glossaire sur le vocabulaire maçonnique.

La structure générale du roman est très impressionnante et la qualité du travail est impeccable même par rapport à un certain Dan B. avec son personnage Robert L. . Attention, il n’est pas question de dire que ce qu’il publie soit mauvais, mais lorsque cet auteur sort un nouvel opus, il prétend que tout ce qu’il avance, est vrai. Grossière erreur ! Dan B. se pose en argument d’autorité par son statut de professeur et en tant que tel, il est assez difficile de dire le contraire.

En 2009, il sortait son roman « Le symbole perdu » et le duo Giacometti-Ravenne sortait une analyse intitulée « Le symbole retrouvé ». Dans les grandes lignes, tout ce qui est dit sur la franc-maçonnerie n’est pas faux mais comme tout auteur de bestsellers, Dan B. est une machine à vendre. D’ici peu sortira « Inferno » et même si le livre n’est pas encore sorti, les droits pour le cinéma sont déjà achetés. Business is business. Au-delà de ce qu’on peut dire sur lui, son  « œuvre » reste un moment de lecture plaisir sans prise de tête.

Revenons à nos moutons, … euh non, à notre franc-maçon. Au-delà de la structure et de l’intrigue, il y a surtout le personnage. Dans l’ensemble de la saga, il évolue, il prend de la bouteille et surtout lors des 3 premiers ouvrages. Du « Rituel de l’Ombre » au « Frère de Sang », Marcas vieillit, il a d’abord 40 ans dans le « Rituel », 41 ans dans « Conjuration Casanova » et dans «Le Frère de sang », on dit qu’il  vient de fêter ses 42 ans.

Dans la fiction littéraire ou télévisuelle, je pense que si on veut qu’un personnage perdure, il ne faut pas le faire vieillir ou du moins pas de la même façon que nous. Le personnage doit rester assez jeune pour être actif, comme dans le modèle anglo-saxon, les héros ne vieillissent pas ou très peu.

Faisons un arrêt sur image et posez-vous la question suivante : Comment se fait-il qu’un personnage de fiction soit aussi « intrusif » ? Après tout, Antoine Marcas, il est couché sur une feuille de papier ou croquer dans une bulle, ce n’est pas un être de chair ou de sang, mais je crois qu’au-delà de ça, on s’en fout pas mal. Antoine vit par la plume de ses pères et par ses lecteurs. On pourrait même imaginer se taper une bouffe avec lui, entre deux enquêtes.

Depuis que je suis les aventures d’Antoine et de ses nombreux fans sur le célèbre réseau social à la lettre F, c’est le nombre de personnes qui arrivent à se retrouver dans le personnage d’Eric Giacometti et de Jacques Ravenne. Si beaucoup de « marcassiens » s’identifient au commissaire, sa vie sentimentale est devenue un véritable enjeu dans les conversations.

D’une façon générale, lorsqu’on entend Eric Giacometti et de Jacques Ravenne, leur duo est devenu un trio. On ne leur demande plus quand va sortir leur prochain roman, mais quand va sortir le prochain Marcas. On leur demande même comment va Antoine Marcas ou quand va-t-on enfin le caser. Et quand on pensait qu’il avait trouvé l’amour de sa vie dans le dernier opus, Jacques Ravenne lui enlève.

Monde cruel, n’est-il pas ? On ne peut pas vous donner tort mais que ferait Antoine Marcas avec une compagne ? Au premier abord l’idée est plaisante, mais selon ma propre expérience de lecteur-spectateur, faire tomber amoureux le héros d’une série, surtout si l’amour n’est pas l’axe principal, c’est risqué. Transformer le héros aux mésaventures ésotériques en Monsieur Tout-le-monde, c’est peut-être signer l’arrêt d’une série. Imaginons : « Chérie, je vais combattre de méchants néo-nazis avec mon Beretta, mon équerre et mon compas. Très bien mon chéri, mais reviens avant 19h ». Je l’avoue, le cliché est énorme et vous vous dîtes que cela n’arrivera jamais.

Hé oui, vous venez de vous faire la réflexion : « C’est risqué d’être la conjointe d’Antoine Marcas ! »

Je n’ai pas traité de l’aspect frère 3 points d’Antoine et je pense que cet aspect doit être son jardin secret.

Au final, combien de temps va tenir Antoine Marcas ? Je vous pose la question. Trouver chaque année, le secret qui peut bouleverser la face du monde est un dur métier surtout que la concurrence est rude. Entre-nous, je souhaite tout le bonheur et l’imagination du monde à nos auteurs et je les remercie pour la disponibilité qu’ils offrent à leurs lecteurs et je souhaite longue vie à Antoine Marcas.

 

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