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Quatrième de couverture

C’est à partir du XVIIIe siècle – à la faveur du progrès des idées des Lumières – que la franc-maçonnerie s’implante aussi profondément que durablement dans la société française. Au point que ses adversaires les plus enragés, monarchistes catholiques et antirépublicains en tête, ont tôt fait de voir en elle un groupe de conspirateurs occulte – on dirait aujourd’hui un «lobby» – et de dénoncer son influence néfaste : le fameux «complot maçonnique».

Si la légende noire de la franc-maçonnerie fait la part belle au fantasme, il n’en demeure pas moins exact que la franc-maçonnerie a parfois joué un rôle non négligeable dans la conduite des affaires de la nation, et que certains de ses membres illustres ont façonné l’édifice politique et social de l’État moderne. Savez-vous par exemple que la Marseillaise est l’oeuvre d’un franc-maçon, ou que les frères furent aux avant-postes de la bataille pour la laïcité ?

Pour la première fois, un livre inventorie ce que notre pays doit – et, pour faire bonne mesure, ce qu’il ne doit pas – aux «frères trois-points» : des avancées incontestables, telles la liberté d’association ou l’abolition de l’esclavage, mais aussi des entreprises plus discutables, comme la colonisation, ou plus inattendues, comme… la crémation ! Vous y apprendrez beaucoup de choses passionnantes non seulement sur la franc-maçonnerie elle-même, mais plus généralement sur l’histoire de France et les dessous de notre République.

Dans cet ouvrage aussi foisonnant qu’érudit, Laurent Kupferman et Emmanuel Pierrat (Le Paris des francs-maçons, Les Grands Textes de la franc-maçonnerie décryptés,) nous font partager leur passion pour l’histoire et la franc-maçonnerie.

Avant-propos

Non ! La franc-maçonnerie n’a pas, contrairement à ce qu’a laissé entendre l’extrême droite, eu pour finalité de renverser les rois. La Révolution française n’est même pas le fruit d’un complot maçonnique, et, quant à sa devise («Liberté, Égalité, Fraternité»), elle n’a pas été forgée dans les loges maçonniques, qui ne l’adopteront que bien plus tard, en plein second Empire, en 1860.

Au-delà donc des légendes tenaces, colportées par les ennemis de la maçonnerie et parfois entretenues par les frères eux-mêmes, il est fascinant de se pencher sur ce qu’a réellement apporté la franc-maçonnerie à la France – et au monde – depuis sa création, en 1725.
L’ordre a été le creuset dans lequel la pensée des hommes qui étaient condamnés au silence du fait de leur naissance pouvait s’exprimer, alors que dans le monde profane la parole était sous le joug de l’Église et du trône.

Plus que sur de grands desseins et de grands complots visant à déstabiliser les pouvoirs en place, la franc-maçonnerie s’est concentrée sur des mesures destinées à améliorer la vie quotidienne des citoyens.

Qu’on en juge plutôt : l’instruction laïque, gratuite et obligatoire, la mutualité, la liberté d’association, l’union libre et le divorce par consentement mutuel, le service militaire, la crémation, l’impôt sur le revenu, le célèbre décret du frère Crémieux, le syndicalisme, l’Assistance publique, la Banque de France et l’étatisation des chemins de fer, l’assurance chômage, l’avortement et les banques populaires sont autant d’exemples qui montrent l’action féconde de la maçonnerie sur la société française. Et il ne faut pas oublier les combats idéologiques, comme la séparation des Églises et de l’État, l’abolition de la peine de mort – tout comme l’amélioration du sort des condamnés due au frère Guillotin ! – ou encore de l’esclavage.

En près de trois siècles – des Lumières au Front populaire en passant par la Commune et les grandes luttes sociales de la fin du millénaire -, petites et grandes réformes sont à mettre au bilan de la franc-maçonnerie. C’est l’objet de cet ouvrage que de faire la lumière sur ce que la franc-maçonnerie a apporté à la France – ainsi que sur ce que la France ne lui doit pas !

Oubliés de l’histoire ou grands noms connus de tous, des maçons ont oeuvré à l’amélioration du sort de l’humanité, par une action sur le destin personnel des individus ou en diffusant les idées nouvelles et progressistes, fruits du travail des loges. C’est leur épopée, à travers des thèmes où se mêlent documents d’archivé et témoignages, qui est ici livrée pour la première fois. La légende noire (dont fait partie la colonisation tant vantée par le frère Jules Ferry) n’est pas laissée de côté. Ce volume s’adresse donc aussi bien aux initiés qu’aux profanes amateurs de sociétés secrètes comme d’histoire !

KUPFERMAN, Laurent. PIERRAT, Emmanuel. Ce que la France doit aux « francs-maçons ».  Paris : Editions générales First, 2012. 285 p. ISBN 978-2-7540-3221-6

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