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On dit dePaul Otlet Paul Otlet qu’il est le Père de la documentation moderne et on dit aussi de lui qu’il était le Père d’Internet. Il disait même à l’époque :

« On peut imaginer le télescope électrique, permettant de lire de chez soi des livres exposés dans la salle teleg des grandes bibliothèques, aux pages demandées d’avance. Ce sera le livre téléphoté ».

(extrait du Traité de documentation)

Paul Otlet est né le 23 août 1868 à Bruxelles, fils d’Edouard Otlet et de Maria Van Mons. Il fait ses études au Collège Saint-Michel de Bruxelles et à 14 ans, il écrit son premier livre : « L’île du levant ». En 1890, Otlet est fait Docteur en Droit. Tout comme La Fontaine, il fait son stage chez Edmond Picard.

En 1891, Otlet publie avec l’aide de Pierre Blanchemerle, Joseph Cassiers et Max Hallet « Le Sommaire périodique des revues de droit ». Il s’agit de tables mensuelles de tous les articles juridiques qui ont été publiés. C’est à ce moment qu’il se passionne pour la bibliographie et l’année suivante, il se consacre à un essaie sur la théorie bibliographique.

Dès 1895, avec l’aide de son ami Henri La Fontaine, il se consacre à la création de l’Office international de bibliographie et met en place les standards qui sont appliqués dans les bibliothèques. Il y a la fiche bibliographique de 12,5 cm x 7,5 cm et la création de la classification décimale universelle, basée sur les travaux de Melvil Dewey. A la fin de l’année 1895, il y avait 400.000 fiches.

Réunissant des traits de caractères similaires à La Fontaine, Paul Otlet s’avère être un pacifiste déterminé. Bien qu’il est perdu l’un de ses fils sur le front de l’Yser au cours du premier conflit mondial,  il rédige et publie en 1914 son « Traité de paix générale ». Il s’agit d’une charte mondiale qui déclare les droits de l’humanité et organise la confédération des états. Deux ans plus tard, en 1916 à Lausanne, il préside le congrès des nationalités. L’année suivante, il pose les bases de la Société des Nations.

Paul Otlet et Henri La Fontaine sont certes de hommes de paix déterminés, des féministes engagés, partisans du parti socialiste et des juristes avertis, il s’est avéré que le projet de Palais Mondial n’a pas plus à tout le monde et en particulier à l’état belge. Celui-ci avait loué aux deux hommes des salles des Musées Royaux d’art et d’histoire au Cinquantenaire.

Au cours de l’année 1923, une publicité a été lancée, annonçant une grande foire internationale du caoutchouc qui devait avoir lieu à Bruxelles dès février 1924. Les spéculations allaient bon train sur l’emplacement où aurait lieu cette foire. Finalement, le choix se porta sur le Cinquantenaire.

Selon les organisateurs de cette foire, le Cinquantenaire était le lieu idéal pour s’implanter. Le 27 juillet 1923, l’état a officiellement informé Messieurs La Fontaine et Otlet de déménager leurs collections avant le 1er février 1924, au profit des stands de foire du caoutchouc.

N’obéissant ni l’un, ni l’autre aux ordres de l’état, un jour de janvier 1924, toutes les collections ont été évacuées de force par les jardiniers du Cinquantenaire. Il faudra six années de travail pour tenter sans vraiment y parvenir entièrement à reclasser l’ensemble.

Les mésaventures des pères fondateurs de la CDU et du Palais Mondial ne sont pas finies. En 1941, les Nazis déménagent les collections et les envoies à l’Institut Pasteur qui deviendra par après la Bibliothèque Solvay, actuellement située dans le Parc Léopold.

Il faudra attendre 1972, pour ce qui reste des collections déménage de nouveau vers l’avenue Rogier et finalement, c’est au milieu des années 90, que les collections et les papiers personnels de La Fontaine et Otlet déménage pour la dernière fois et se retrouve à Mons.

Finalement, en 1934, Otlet publie son « Traité de documentation » qui reste encore aujourd’hui un ouvrage de référence dans la conception moderne de la documentation.

Il meurt le 10 décembre 1944.

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